‹ La vie et l'habitude, traduit de l'anglaisChapitre 58 sur 135 · A M ON CE · texte numérisé non relu

A M ON CE

l'a moins souvent répétée, c'est-à-dire, dans notre cas, lorsque nous en arrivons à l'endroit où commence notre vie purement humaine : à la naissance, ou vers l’époque de la naissance ? L.

Il est certes digne de remarque que l'embryon sache toujours ce qu'il a à faire, à moins qu'il ne lui arrive quelque chose qui n'avait pas coutume d'arriver à ses ancêtres, et qu'il ne peut naturellement pas se rappeler.

Tant qu'il lui arrive ce qui est arrivé d’ ÉEbendee à ses ancêtres, et dont, par suite, 1l se rappellerait s'il possédait l'espèce de mémoire que nous lui attribuons par hypothèse, il agit précisément comme il agirait s'il avait cette espèce de mémoire.

Mais quand il lui arrive de ces choses qui, s’il avait l'espèce de mémoire que nous lui supposons, embarrasseraient cette mémoire, et qui n'ont presque jamais, ou même jamais, figuré au nombre de ses souvenirs, il agit exactement comme agit un être dont les souvenirs s’embrouillent, ou qui est mis dans l'obligation de faire une chose qu'il n’a encore jamais faite.

Nous sommes incapables de nous souvenir d’avoir passé par la phase embryonnaire, mais nous ne pensons pas que ce soit une raison pour nier que nous y avons passé. En réfléchissant un peu on se rendra compte qu'il n'est pas plus raisonnable de soutenir que lorsque nous étions dans la phase embryonnaire nous ne nous souvenions pas de nos existences passées, que de dire que nous n'avons jamais été des embryons. Nous ne pouvons pas nous souvenir de ce que nous nous rappelions ou de ce que nous ne nous rappelions pas alors ; nous ne pouvons pas, aujourd'hui, nous souvenir d’avoir fait ces yeux que nous avons indubitablement faits ; et encore moins pouvons-nous nous rappeler si nous nous souvenions, alors, de les avoir déjà faits en d’autres occasions. Mais il est probable que notre mémoire était, alors, à l'égard de nos précédentes existences embryonnaires, beaucoup plus intense qu'elle l’est actuellement à l'égard de notre enfance, exactement comme la capacité que nous avions d’ apprendre une langue étrangère était plus grande quand nous avions un an ou deux que quand nous en avions vingt. Et, précisément, cette capacité d'apprendre les langues : pourquoi est-elle plus grande

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