Voir notamment Deipnosoph., XI, îiOO A
4. Brucker {Ilist. crilica phiL, 1, 379) l'appelle « in conquirendis nuUa verilatis cura philosophorum opprobriis liberrimus. »
donné la mission de recueillir les débris de l'histoire scandaleuse de Tantiquité ^ Veut-on savoir les deux sources oîi lui et ses émules puisent de préférence? Ce sont les pièces dos comiques et les écrits des philosophes : d'un côté le caprice et la boutade, de l'autre la jalousie souvent voisine de la haine.
On connait le tour agressif et tout personnel des satires de l'ancienne comédie et ce qu'il en a coûté à Socrate d'avoir été pris par Aristophane pour le premier et le plus habile des sophistes. La comédie moyenne dut user de plus de réserve : mais les démêlés des écoles philosophiques avaient alors, comme au siècle précédent les luttes des factions politiques, le don de mettre toutes les têtes en mouvement, et Ton ne sera pas surpris de voir des poètes qui ne respectent ni Ânaxagore ni Socrate abonder en railleries sur l'Académie et sur la résurrection de l'école de Pythagore-, Encore Platon, mis en scène par Aristophane sous son propre nom, attaqué dans plusieurs des pièces d'Alexis et d'Ëpicrate, peut-il se féliciter de n'avoir guère souffert que d'égratignures sans conséquence^ Quoiqu'il en soit, tout en tenant en suspicion ces témoignages accusateurs, les auteurs anciens ne laissent pas de les rappeler, et tandis que disparaissent la plupart des comédies grecques, un essaim de mots ailés et méchants a survécu à ce naufrage.
Du côté de ses rivaux, Platon n'a pas été plus épargné'. Aristippe et ses disciples lui reprochent tantôt d'afficher un dogmatisme fort peu socratique *, tantôt au contraire d*êlre un rêveur incorrigible, sans doute parce qu'il croit à d'autres
i. Cf. Diog. Laerce, III, 26 et Athénée, II, 59.