Aristote, Rhétonque» II
réalités qu'à la volupté et au plaisir. Les cyniques, à commencer par Antisthèae, prennent à partie sa fierté et son faste : Diogëne, un jour de réception solennelle, se promène avec dédain sur les tapis superbes de Platon : « Je foule aux pieds ton orgueil », dit-il d'un ton railleur au grand philosophe. « Par un orgueil d*une autre nature », lui fut-il répondue Plusieurs de ses disciples, Aristote à leur tète, donnèrent l'exemple d'une polémique peu mesurée contre les théories préférées de leur maître*.
C'est ici le cas de se souvenir d'un mot de Voltaire : « Pour croire le bien, un seul témoignage suTfit : pour croire le mal, ce n'est pas assez de cent ». Que Ton tire des théories do Platon certaines conséquences plus ou moins imprévues, plus ou moins bizarres, ce n'est point le lieu d'opposer à ces déductions une réfutation en règle; mais si l'on attaque la personne même du philosophe, sa conduite, son caractère, avant de rendre les armes nous tenterons de le dérendre et, s'il se peut, de le vengera
Devons-nous, en effet, refuser à Platon nos éloges, alors que Bossuet a pu, sans fausser la vérité, louer « la doctrine de Socrale, admirable et vraiment sublime pour son temps, quoiqu'elle ne soit que l'enfance de la morale » ? Faudra-t-il approuver ces modernes qui, dupes de certaines assertions à tout le moins controuvées, imputent à Socrate et à Platon une révoltante turpitude de mœurs et s'inscrivent en faux contre « Taustère vénération de tous les philosophes anciens et modernes et l'estime éblouie d'une foule de chrétiens » ? Mais alors, tant d'exhortations éloquentes à la vertu, tant de con-