‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 133 sur 203 · VI, 496 D, texte déjà cité dans le chapitre précédent · texte numérisé non relu

VI, 496 D, texte déjà cité dans le chapitre précédent

2. Cf. Cicéron {Ad fam., I, 9) : « Hanc quidem Plato causam sibi ait non attingendas reipublicae fuisse quod quum offendisset populum atheniensem prope jam desipientem senectute, quumque eum nec persuadeudo nec cogendo régi posse vidisset, quum persuaderi posse diffideret, cogi fas esse non arbitraretur j». C'est une traduction presque littérale de la 5* lettre platonicienne.

3. On connaît la devise épicurienne d'Atticus : XaOè {^icaerac, et le fameux Suave mari magno de Lucrèce.

4. « L'erreur de Socrate et de Platon, c'est d'avoir dépossédé les humbles esprits du royaume de Dieu n (Séailles).

ment historique d'AtbèneB dî les efforts de ses plus grands hommes pour assurer sa puissance maritime ^ » Ce n*est pas tout. Le malheur des temps le condamnait, selon l'expression de M. Havet, à voir de jour en jour sa patrie plus faible, plus mal gouvernée ^, et l'ombre s'étendant sur la ville de Pallas et sur la Grèce entière : mais en même temps la nature avait fait de lui un de ces maîtres des esprits tellement pleins de leur grandeur qu ils regardent tout ce qui est au-dessous d'eux avec une sereine indifférence et qu'ils n'ont peut-être pas le cœur aussi large que le génie. Ils ne s'intéressent pas assez à la foule de leurs frères obscurs et ne ressentent pas comme il faudrait tout ce qui touche l'humanité ^

Du moins Platon ne manquait pas d'exemples à invoquer pour couvrir sa conduite. Quelqu'un reprochait à Anaxagore de se désintéresser des discussions de Tagora. 11 répondit en montrant le ciel étoile : « Pensez mieux de moi, j'ai grand souci de ma patrie. » Sans reculer jamais en face d'un devoir civique à accomplir, même dans les circonstances les plus critiques, Socrate n'avait brigué aucune charge, aucun honneur : à qui veut entreprendre de corriger les hommes ses paroles et ses actes prêchaient bien haut l'abdication de toute ambition. Antiphon lui en fit un jour la remarque : » Tu te flattes de former des hommes d'Etat, ce qui suppose que tu connais la politique ; d'où vient alors que tu ne prends aucune part anx affaires de la cité ? » — « Comment puis-je mieux servir la patrie? répartit Socrate : est-ce en me consacrant de ma personne à la politique active, ou en m'efforçant de lui donner le plus grand nombre possible d'hommes d'Etat capables ^ ? »

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