‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 132 sur 203 · Timée, 23 G. et les deux pages suivantes · texte numérisé non relu

Timée, 23 G. et les deux pages suivantes

4. Parmi les p^ranJs hommes d'Etat d'Athènes, Solon et Aristide sont les seuls dont Platon fasse un éloge sans réserve : au contraire, avec queUe sévérité ne juge-t-il pas Thémistocle et même Périclès?

5. Nous avons sur ce point, outre le témoignage formel de l'impartial Thucydide (II, 82). les aveux indirects d'Euripide (Iphigénie à Aulis, v. 1089 et suiv.). — On lit dans la 7« lettre platonicienne : « La législation de chaque Etat est à peu près incurablement corrompue, à moins que le hasard n'amène quelque restauration extraordinaire. »

des idées avait ébranlé TancieD édifice et il n'était au pouvoir de personne de le relever. Aristophane, le regard obstinément tourné vers le passé, n'a rien empêché, rien corrigé : le triobole, la manie des procès, l'aveuglement du bonhomme Démos ont survécu à ses sarcasmes. Blessé par tout ce qui Tentoure, les yeux fixés sur un lointain avenir, Platon, comme Rousseau au XVIII* siècle, se met en quête d'une république idéale, mais comme Rousseau il glisse en pleine utopie et en vient luimême, éclairé par la réflexion ou désabusé par Texpérience, à traiter ses propres conceptions de chimères. Dès lors cet homme qu'un passage célèbre de la République * nous représente naturellement fait pour la politique, mais éloigné des affaires par la dépravation générale et l'impossibilité de réaliser le bien qu'il souhaite, cet homme qui se confine dans la retraite pour s'y consacrer tout entier à la méditation, n'est-ce pas Platon lui-même ^ ?

Je sais qu'il est une science égoïste, aimant à s'isoler dans ses tranquilles spéculations et méprisant si bien les bruits du dehors qu'elle cesse volontairement de les entendre ^ : ne semble-t-il pas que ce renoncement aux préoccupations publiques, que cette désertion d'impérieux devoirs diminue l'homme dans la proportion même où grandit le savant? La sagesse de Platon, il faut l'avouer, avait je ne sais quoi de superbe et d'aristocratique ^. <( Sa naissance, ses relations, surtout son génie fait de grâce et sa pensée qui cherchait toujours à monter plus haut l'empêchaient de descendre aux soins vulgaires dont s'occupait l'agora. Il ne comprit ni le développe-

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