‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 149 sur 203 · Panathénaïque, ch · texte numérisé non relu

Panathénaïque, ch

Tout philosophe qu'il fût, Platon n'a pas élé indifférent au charme de Texpression : et s'il a possédé ces dons supérieurs, a les grâces incomparables, la sérénité suprême et comme le demi-sourire de la sagesse divine * », ce n est pas assurément sans les avoir un peu cherchés. Sans insister ici, disons seulement que si chez Platon la clarté logique n'égale pas toujours la beauté esthétique, le brillant éclat de l'ensemble est tel qu'à peine on s'aperçoit de l'obscurité des détails. D'un mot, si le mérite d'un ouvrage de raison se mesure à la séduction exercée sur le lecteur, parmi les philosophes tant anciens que modernes l'auteur du Gorgias et du Phédon est incontestablement sans rival.

Il est ainsi presque établi qu'après avoir composé ses dialogues Platon ne s'est nullement hâté de les publier ^ : la même conclusion se dégage en outre de tous les témoignages de l'antiquité. Cicéroo ^ nous le représente « mourant la plume àla main », voulant dire par là que resté jusqu'à la dernière heure en possession de toutes ses facultés, Platon n'avait pas cessé de développer et de perfectionner sou œuvre. Denys d'Ualicarnasse va même jusqu'à lui attribuer un soin aussi extrême de la forme qu'à Isocrate *. Lorsque Cicéron consacrait une sollicitude toute particulière à sa République, de tous ses traités philosophiques le plus personnel et le plus original, il

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