‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 174 sur 203 · TUKOPOMPE, DIGÉAUQUE, PERSEE · texte numérisé non relu

TUKOPOMPE, DIGÉAUQUE, PERSEE

Le premier auteur auquel nous nous arrêterons est Théo^ pompe do Chio. Historien de quelque renom, mais nullement

LES TÉMOI(;N.\r,ES IIISTOIUOL' KS 431

philosophe, cet élève d'Isocrate a trouvé dans raiitiquilé bon nombre d'accusateurs à côté de l'un ou de l'autre panégyriste K Peut-être pour venger son niaitre, peut-être pour satisfaire une animosité personnelle, il avait composé du vivant de Platon, ou assez peu de temps après sa mort, une sorte de pamphlet ^ contre ce philosophe. C'est là, selon toute apparence, plutôt que dans ses Philippiques qu'on lisait cette critique bien inattendue reproduite avec empressement par Athénée : « On jugera la plupart des dialogues de Platon inutiles, faux et étrangers à leur auteur, un grand nombre étant empruntés à Aristippe, quelques-uns à Antisthène, plusieurs à Bryson d'Uéraclée '. »

Que veulent dire ces singulières paroles? Que l'on était surpris de rencontrer assez fréquemment sous la plume de Platon la délicatesse efféminée d'Aristippe et la rigueur toute stoïcienne d'Antisthène? Le mot ^euSeï; se trouve ainsi complètement sacrifié. Il ne s'explique qu'à demi dans Thypothèse d'Uberwog lequel s'attachant surtout à la première épithète (a/csîou;) suppose que Théopompe, frappé de voir reproduites dans les dialogues platoniciens des assertions vingt fois exprimées ailleurs, contestait formellement l'utilité d'ouvrages aussi dénués de mérite et d'originalité. Steinhart, cet admirateur de Platon si convaincu, si enthousiaste, crie au scandale et proclame le jugement de Théopompe << un comble de déraison * ».TeichmûUer Ten reprend doucement : si les expressions employées

4. Que l'on consulte, par cxeniplo, les jugements de Cicéron (De Legibus, I, 1) et do Denys d'IIalicamassc (VI, 183^ Bn-ckli appelle Théopompe « omnium et hominum et civitatum calumniatorom maledicentissimum. »

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