‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 18 sur 203 · Voir le texte d*Âmphis cité plus haut · texte numérisé non relu

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Sollicités par ces rapprochements, les archéologues se sont mis en campagne pour les multiplier et dès maintenant on compte jusqu'à huit répliques dérivant d'un même original. Ce chiffre élevé tendrait à prouver, d'après M. Reiuach, qu'il existait dans l'antiquité une statue de Platon, datant de son époque, celle de Silanion peut-être, et d'après laquelle toutes les autres, dans la suite, furent modelées à peu près exclusivement. Mais la contradiction ne pouvait manquer de se produire et tout récemment M. Ravaisson a fait remarquer que ce type, d'expression plutôt vulgaire, où les tempes sont recouvertes par la chevelure, où le visage se rétrécit au lieu de s'élargir en remontant vers|le haut de la tête, ne répond qu'assez mal à l'extérieur tout aristocratique, à l'imposante prestance et au large front que les anciens sont à peu près unanimes à attribuer à Platon K De telle sorte qu'avec M. Heydemann nous devrions renoncer à posséder une seule représentation vraiment authentique de l'illustre Athénien.

Heureusement ses écrits sont là pour nous donner de son caractère et de toute sa personne la plus heureuse image : ce qui n'empêche pas d'attacher un véritable intérêt au témoignage d'Apulée, invoquant Tautorité de Speusippe pour attester à la fois l'heureux naturel et la brillante éducation du futur philosophe : « Nam Speusippus et pueri ejus acre in percipiendoîngenium et admirandœ vcrccundiœ indolem laudat et pubescentis primitias labore atque amore studendi imbutas refert et inviro harum incrementa virtutum et ceterarum convenisse testatur. »

A cet éloge j'ajouterai un dernier détail. Platon, nous dit Diogène Laërcc-, avait la voix faible. Cette circonstance n'aurait-

1. La tradition antique se résume tout entière dans ces mots d'Epictèle (Diss. I, 8, 13) : KaVo; r,v IDâttûv xai tiyupô;, ainsi commentés au xvi» siècle par Le Maslc dans des vers fort naïfs :

Joint qu'il était robuste et d'un corsage Plaisant et beau, si bien que de son âge L'on n'cusl sceu voir un subiect plus divin Qu'estoit l'obiect aggréable et divin Do sa personne...

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