III, 2j. C'est un fragment d'Amphis
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Lo mol xox>t«; avait paru suspect à M. Helbig : M. S. Reinach a tenté, non sans succès, de lo défendre. Cf. Sextus Empiricus, ariv. Math. I, 258.
2. Précisément en ce qui concerne Platon, Olympiodore aflirme que ses images étaient partout répandues, uavTa"/oO àvsxecixsvai. Le philosophe n'avait, cependant pas joui du m«>me honneur qu'Aristole, dont la statue, dès son vivant, avait été érigée à Dnlphes par Philippe de Macédoine en môme temps que celles des princes de la famille royale.
3. On lit à ce sujet chez Pline l'Ancien (XXV, 2) cette phrase remarquable : (( Quin imo etiam qnse non sunt, ûnguntur, pariuntque dosideria non tradites vultus. »
PLATON JUSQU'A LA MORT DE SOCRATE 2y
la galerie des Uffizi à Florence. Est-ce bien celle que Girolamo de Pistoie vendit à Laurent de Médicis au xv® siècle et qui provenait, dit-on, des fouilles faites sur remplacement même de l'Académie? Visconti et.Schuster l'affirment, d'autres le nient. Le désaccord n'est pas moins grand sur l'authenticité de- l'inscription qui raccompagne : tel la considère comme contemporaine de l'œuvre d*art elle-même, tel veut qu'elle ait été ajoutée subrepticement plus tard \ Schuster cite comme reproduisant le même profil une statuette de marbre, autrefois à Rome, maintenant en Angleterre, laquelle d'après les gravures qu'on en possède présenterait une grande analogie avec les statues assises de Ménandreet de Posidippe au Vatican. La tète est légèrement inclinée, dans l'attitude d'un homme qui prête l'oreille à une objection. Le personnage qui tient un rouleau à la main, pourrait bien être Platon le comique, et non le philosophe : la chevelure est abondante ,ce qui le différencie du Platon de Florence dont la tête est celle d'un homme au seuil de la vieillesse. Quoi qu'il en soit, voici en quels termes ce dernier buste est décrit par un des platoniciens les plus convaincus de ce siècle, Victor Cousin ^ :
« Platon revit tout entier dans ce marbre, de demi-mesure. Est-ce une copie réduite de la figure de la statue de bronze de Silanion ^ qui était placée dans l'Académie ? N'était la bandelette sacrée qui ceint la tête du divin personnage, on pourrait considérer ce petit marbre comme un portrait fait sur l'original, tant il est simple, aisé, naturel. L'ensemble de ces traits nobles
1. Le style de la sculpture, écrit M. S. Keînach, appartient à Tépoque impériale, c'est-à-dire à un temps où le tc majuscule à branches inégales de l'inscription avait cessé d*ôtre en usage. Mais qui nous dit que statue et inscription ne sont pas la copie d'une œuvre antérieure?
2. Un moulage de cette tête célèbre lui avait été envoyé par le grand-duc de Toscane, et se voit encore dans sa bibliothèque à la Sorbonne, k coté d'un petit buste de caractère assez antique qui lui avait été également ofTcrt en hommage par des amis d'Italie. Le piédestal tout moderne porte au-dessous du mol IIAATÛN, la devise suivante: *0 xaxavowv è/étto pit.
3. Silanion, qui florissait vers l'an 325, l'avait faite sur l'ordre du Perse Mithridate et peut-être est-ce pour plaire à ce dernier qu'il a prêté au philosophe une coiffure à l'orientale.
et réguliers respire le sentiment de la proportion et de rharmonie. Ce vaste front est bien le siège d'une vaste pensée : les yeux un peu saillants et la bouche légèrement entr'ouverte indiquent l'enthousiasme, tandis que sur les mêmes lèvres repose un sourire fin et bienveillant. Cette large poitrine nous rappelle celle de Goethe. »
Une autre reproduction supposée du grand philosophe a inspiré à M. Gebhart des réflexions presque semblables : « Le buste de Platon est au Vatican dans le cabinet de Méléagre. Il a le front droit et haut, les arcades sourcilières légèrement prononcées : les yeux, autour desquels on ne remarque aucun de ces plis délicats, signes des émotions intérieures, ont un regard assuré et immobile. Les joues unies, la bouche presque close et qui ne sourit pas, puis la chevelure qui retombe des deux côtés de la tête, et la barbe qui descend sur la poitrine, sans que rien ne trouble leur parfaite régularité, tout en un mot indique que chez le philosophe la sensibilité est endormie et que seule rintelligencc veille... 11 contemple d'ailleurs plutôt qu'il ne raisonne : c'est Platon poète, le Platon du Phèdre et du Batiqiiet oubliant la terre et songeant au ciel. »
M. Gebhart retrouve les mêmes caractères, mais avec un degré de plus de grandeur et de majesté dans le fort beau buste de bronze découvert à Herculanum le jl8 avril 1739, et dont s'est enrichi le musée de Naples : « La tète par un mouvement admirable, s'incline en avant * : il plonge plus profondément dans les rêveries métaphysiques, il va pouvoir écrire les discussions subtiles du Phédon. » Veut-on maintenant entendre l'abbé Perreyve, cette àme jeune et enthousiaste, profondément éprise de la beauté philosophique : « Arrivé devant ce buste, j'ai été saisi d'admiration. J'ai longtemps contemplé ces traits sublimes. Quelle àme ! quelle vie immatérielle ! la force et la clarté de l'intelligence s'y reflètent comme en un miroir. La tète est légèrement inclinée comme celle d'un homme qui sort d'un rêve
1. Pluiarque parle {De aud. poel., 28 B) de gens qui prenaient plaisir à copier Ttjv nXaxwvo; xuptdTYjxa.
et écoute ses souvenirs. Je ne puis croire que l'artiste n'ait pas pensé en ce moment au divin système de la réminiscence. Il y a sur ce front une pureté qui rayonne, un effort calme qui dénolela richesse de Tàme *. » Etrange ironie ! dans celle statue un juge de quelque autorité, Visconli, a cru reconnaître une figure de Bacchus iriomphateur, ou comme s'expriment d'ordinaire les archéologues, du Bacchus indien. Pareille confusion n'est pas d'ailleurs sans tourner à Thonneur de Plalon.
La question en était là, comme on peut s'en convaincre en parcourant la brochure si intéressante de Schuster^, lorsqu'un élément nouveau fut jeté dans la discussion. En 1881, M. S. Reinach avait acheté à Smyrne une tôte en marbre d'époque romaine, qui vint prendre place dans les collections du Louvre Quelle était menacée de passer inaperçue, lorsqu'on 1886 raltentiondu jeune érudit se trouva attirée au Musée de Berlin par une tête d'apparence à peu près semblable % avec un socle portant Tinscription : IIAATQN, laquelle, à en juger par la forme des lettres, n'est pas antérieure au siècle des Antonins. D'autre part, il existe au Vatican un J)usle analogue inscrit au nom de Zenon. Le cas est donc singulièrement embarrassant, mais MM. Helbig et Reinach * l'ont tranché tous deux en faveur de Platon. Ce dernier prétend môme que pour retrouver la vraie physionomie du philosophe, avec sa sévérité et sa rudesse naturelles ', c'est le buste de Smyrne qu'on doit avant tout considérer, le premier d'ailleurs et jusqu'ici le seul portrait de Platon incontestablement de provenance hellénique. La tète que l'on voit au Vatican, de proportions plus sveltes, est en môme temps plus délicatement travaillée.
i. Ampère éprouve un égal ravissement en face de ce buste a sur le front daquel rayonne une si majestueuse sérénité, et dont le regard semble plonger de si haut dans de si profonds abimes. »
2. Ueber die erhaltenen Portraits der griechischen Philosophen (1880).
3. Elle faisait partie précédemment de la collection Gastellani.
4. Le premier de ces érudits a publié son travail dans le Jahrhuch des deutschen archmologischen Instituts (1886), le second dans VAni^rican Journal of Archeology (IV. 1).