TIIRASYLLE
Dans le grand débat qui s'est élevé sur l'authenticité des dialogues platoniciens, il n'est pas de pièce plus importante et, en apparence, plus décisive que le catalogue dressé par ïhrasylle et dont la teneur plus ou moins complète nous a été transmise par Diogène La(irce-. C'est qu'en effet d'une part il s*étend (ce qui n!était malheureusement le cas d'aucun des documents antérieurs) à la totalité des textes contenus dans nos manuscrits ^ et que de l'autre, sauf une restriction particulière presque insigniGante, il affirme sans détours l'origine platonicienne des divers éléments de cette vaste collection. On conçoit dès lors les efforts tentés par drote et ses partisans afin de nous persuader que Thrasylle est pour nous l'écho fidèle, le représentant autorisé de la tradition alexandrine, partant que son jugement, loin de procéder d'un caprice personnel, traduit l'opinion unanime de l'antiquité lettrée. « Cette classification, écrit M. Waddington, n'est pas l'œuvre de ïhrasylle; c'est un héri-
1. De adnt. vi dkendi in Demoslh., § 23-29. Dans ce dernier ouvrage, a lo meilleur cependant de ses discours politiques >% Platon est accusé tantôt d'introduire dos pensées qui n'ayant rien de frappant ni do remarquable doivent emprunter tout leur mérite à la pompe de l'expression, tantôt d'user d'ornements qui annoncont peu de ^'oût et Iraliissent une véritable faiblesse. — Lo réquisitoire n'est pas absolument injuste : mais n'y a-t-il pas erreur sur la personne do racciisé ?