‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 186 sur 203 · III, Ô7-C · texte numérisé non relu

III, Ô7-C

3. iSauf les deux dissertations insip;niriantos, pcut-ôtro d'origine postérioure. intitulées Tzy. O'.xxiou cl tzzçà ioiTr,;.

tage de ses devanciers et un résumé de leurs travaux. Or aucun critique (sauf Panétius) n*a fait entendre aucune protestation sur aucun écrit. Ainsi la tradition recueillie par Thrasylle était non seulement vénérable par son antiquité et sa stabilité, mais contrôlée par la critique. La question d'authenticité avait été posée : d'autres dialogues avaient été rejotés. L'élimination des écrits supposés a été faite et bien faite par des hommes qui avaient entre les mains des moyens efficaces de contrôle ».

Telle est, réduite à ses points essentiels, la thèse que nous avons à discuter.

Et d'abord examinons quelle est la valeur personnelle de l'auteur qui est ici en cause. Ce que nous savons de lui n'est guère de nature à nous promettre un critique bien consciencieux. Il change de goûts et d'occupations avec une incroyable légèreté. Xé à Rhodes au i®'' siècle avant notre ère, d'abord grammairien, il essaie ensuite de s'initier au platonisme, et finit par s'adonner à Tastrologie, jaloux de se pénétrer comme Pythagore de la merveilleuse harmonie des sphères *. Nous renvoyons à Tacite* ceux qui seraient curieux de connaître les circonstances singulières et absolument romanesques qui le rapprochèrent de Tibère. Toujours est-il que ce prince parait l'avoir tenu en assez grande estime ^ Ce fut un astrologue et un devin de cour, semblable à celui que Schiller a mis en scène dans sa trilogie de Wallensteîn.

1. Oïl lit dans le scoliaste do Juvriial (Satire YI, 576) : « Thrasyllus multaram artium scientiam professas postronio se dodit Platonicaî sectse ac deinde mathesi qua prœcipue viguit upud Tiberium ». Ce sont, dit-on, les affinités de certaines doctrines de Démocrito et de Platon avec les théories de Pythagore qui l'ont amené à s'occuper de préférence, peut-être môme exclusivement, de ces deux philosophes.

2. Annales, VI, 20-21, passage dont il convient de rapprocher plusieurs textes de Pline l'ancien et de Dion Cassius (LV, 11 et LVII, lo). — C'est sans doute au rôle en somme peu honorablejoué par Thrasylle à la cour impériale que se rapportent ces lignes do Julien (ad Themist.» p. 265) : ©oadyUo;, Tiêspûi) -icixoâi xat ^'jtz'. '/^olXztkû Typavvw (tuyTSV'^Iaîvo;, zl jxf, 5ià twv xaTaÀsitÔsv- Tti)v 'j^' a'JToO Xoywv àizzXofiTOL'to Oî'^a; oitt; f,v, wp2:>.sv av si; téXo; a'td/'Jvyjv àvauâXXaxTov.

3. Suétone, Tibère, 14 : « Thrasyllum ut sapientiae professorom contubernio adraoverat ».

460 L'tEUVRE DE fLATON

Il est question çà el là* d'une dissertation qu'il aurait écrite sur la vie et les doctrines de Platon, peut-être comme introduction à la lecture de ses ouvrages, ainsi qu'il le fit pour Démocrite^ Les iXéo-Plaloniciens' le citent sur le même rang que Numénius et Moderatus, parmi les interprètes les moins éclairés de Platon : il est vrai qu'en raison même de son origine, cette sentence est loin d'être sans appel. Néanmoins et pour conclure, tandis qu'Aristophane était un érudit et un grammairien sans prétentions, Thrasylle, sauf erreur sur la personne*, est un prétendu philosophe, un rêveur qui se laisse guider par des idt?es préconçues.

En veut-on la preuve? Le caractère sacré des nombres 36 et 86 chez les anciens a certainement exercé sur l'esprit de ce mathématicien une influence décisive, et introduit ainsi dans sa classiflcation un élément tout arbitraire *. Peut-être même les propriétés merveilleuses du nombre 4 aux yeux des Pythagoriciens lui ont-elles suggéré l'idée première de ses télralogies®. En présence de pareilles superstitions la critique moderne ne peut que sourire^.

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