Cf. 388 D
3. Le 8i7cX3t<iîa<T{io; Toû xu6oy, mentionné 388 E, trahit une date postérieure. Cf. Plutarque {De Ei apud Delphns, fi).
4. Dans quelques manuscrits, ce dialogue est intitulé Ciinias, du nom d'un autre personnage.
et du monde à venir avec une élévation plus apprêtée, mais presque aussi touchante que celle du Phédon. « Dans un langage d'une beauté éloquente, il lui démontre que la vie n'est qu'un voyage, et qu'il faut la quitter avec des chants de joie. L'homme n'est qu'une Ame qui a soif, désir et regret de Téther dont elle partage la nature immortelle, et il doit aspirer à mourir pour revivre dans les chœurs célestes. La vie corporelle n'est qu'une succession de maux et de souffrances, d'autant plus pénible qu'elle se prolonge plus longtemps. Tardez-vous à payer votre dette à la nature? comme une pnHeuse à la petite semaine elle vous redemande ce qu'elle vous a prêté d'organes et de sens *. Ce n'est pas à la mort que nous mène la mort, c'est à l'immortalité -. »
Ce qui pourrait nous détourner de reconnaître ici la main de Platon, ce n'est pas à coup sûr cette teinte mystijuc, ce mépris à peine déguisé de la vie présente et de ses misères, ni même la préoccupation visible de l'auteur d'abaisser le mérite de Prodicus pour exalter d'autant celui de Socrate. Dirons-nous avec un critique que VAxiochus est aux vrais dialogues ce qu'est un murmure à une voix puissante et sonore? Ce jugement nous parait bien sévère. D'autres objections n'ont pas une beaucoup plus grande valeur. On croyait autrefois que les jeunes Athéniens n'avaient pas été soumis avant le m® siècle à la surveillance de l'Aréopage, expressément mentionnée dans notre dialogue ^ : certaines inscriptions récemment découvertes montrent que la haute cour athénienne, si l'on nous permet cette expression, était investie en ce qui touche les ^TxiSoTfvêxi d'un droit d'inspection relativement très ancien. Le Lycée et l'Académie sont cités en témoignage de la discipline sévère imposée à la jeunesse : mais pour en connaître et pour on prendre le chemin, les Athéniens n'avaient certainement
\. 367 B. Quo l'on rapproche le passa^'e de l'oraison funèbre du P. do Bourgoing, où Bossuet compare la nature à un bienfaiteur avare qui nous reprend l'un apr«''s l'autre tousses dons.
2. Analyse Mnipruntôe à M. Cliaiguet (La vie el lus (puvres de Platon, p. 11S>.
pas attendu que Platon et Âristote se fissent chefs d'école ^ et d'ailleurs la fréquentation des philosophes n'a jamais figuré parmi les contraintes de l'éducation.
Ce qui est peut-être plus significatif, c'est le commentaire que nous rencontrons d'une pensée célèbre d'Epicure : « 0 mort, si je suis, tu n'es pas : si tu es, je ne suis pas ^ : » puis la mention d'un bon dc^mon, laquelle implique à peu près nécessairement la distinction entre bons et mauvais démons, aussi familière aux successeurs de Platon qu'inconnue au maître lui-même ^ ; enfin une imitation au moins apparente soit d'un fragment de Télés, contemporain d'Antigone Gonatas, fragment rapporté par Stobée S soit de quelques vers fameux de Lucrèce. Ces mots : « Où sont ces fiers discours, ces perpétuels éloges de la vertu, ce courage inébranlable? Comme un lâche athlète, après avoir fait preuve de bravoure dans les gymnases, lu refuses de combattre ! » font songer aux maximes stoïciennes et notamment aux adieux de Sénèque mourant dans Tacite. Prise dans son ensemble, l'argumentation est faible, et le mythe de Gobryas bien au dessous des allégories analogues de Platon. Au lieu d'une simplicité élégante, nous sommes en présence de cette rhétorique superficielle propre aux âges de décadence. Les néologismes y abondent \
Aussi quelles profondes divergences dans l'appréciation des critiques, depuis Cobet qui déclare qu'un abîme sépare le genre de notre dialogue de celui de Platon, jusqu'à Bœckh qui y découvre au contraire « plura prorsus divina et Platone haudqua-
1. Qui ne se souvient notamment des beaux vers d'Aristophane dans les Nuées ?
2. Diogéne Laërco, X, 125. Mais est-il dômontrc qu'Epicure n'ait absolument rien emprunté îi Platon?
3. Voir le long chapitre intitula Dcsmonenlehre dans l'étude que M. R. Ueinze vient do consucrer i\ Xénocrate.