Sermones, XCVIII
5. Sans parler du mot xoitixo: (31.0 E) qui à lui seul semble trahir une date postérieure. Les vingt premiéns lignes contiennent six mots inconnui à Platon et les lexiques platoniciens permettent de relever trente cas de ce genre parmi les seuls mots commençant par a.
LES TÉMOIGiNAGES HISTORIQUES 477
quam indigoa * ! » Welcker place VAxiochus à côté des Mémorables et Boissoimade souscrit sans réserve à ce jugement des éditeurs des Deux-Ponts : « Dignus sane Socratis discipulo Axiochus vel ipsoSocrate, nativa quadam gratia commendabilis, ex ipsa ingenii animique humani indolc ac fine repetilus ». On l'a tour à tour attribué à Eschine et à Xénocrate, auteurs d'un livre sur la Mort -. Les passages que cite Pollux ^ de VAxiochus d'Eschine ne se retrouvent pas dans notre dialogue, pas plus que les invectives auxquelles il s'y abandonnait contre Alcibiade, au rapport d'Athénée *. Plusieurs pensées justement admirées rappellent de très près le célèbre traité de Crantor Ilept ^EvOouç dont Cicéron disait dans son admiration : « Aureolus, ad verbum addiscendus libellusp » ; cependant rien ne nous oblige à croire qu'elles en aient été tirées. Ailleurs, que de rapprochements avec la P® Tusculane, la P® Satire d'Horace et VEnéide ?
Il est facile de le reconnaître, les apocryphes que nous venons d'examiner ont une valeur fort inégale, et une origine visiblement très différente. Encore une fois, ce sont les circonstances qui ont accompagné leur apparition, et non l'absence plus ou moins complète de mérite, qui ont dû entraîner leur radiation de la collection platonicienne.
1. N'est-ce pas le cas, par exemple, des lignes qui suivent : « Et la politique si vantée, à quels dangers nous oxpose-t-elle ? Elle a des joies enivrantes et des saillies de bonheur semblables aux accès de la fièvre : mais ses revers sont cruels et pires que mille morts. Quel plaisir de vivre pour le peuple, tantôt hué, tantôt applaudi, ballotté comme un vain jouet, sifflé, puni, tué, regretté ! »
2. Diog. Laërce, IV, 12. « Ce dialogue nous semble l'œuvre d'un platonicien imbu des idées si répandues à cette époque sur l'importance des rites purificatoires, chose qui n'a rien à voir avec la morale. » (G, Sorel, Le procès de Socrate, p. 355.)