‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 203 sur 203 · Ui sublime, XXXII · texte numérisé non relu

Ui sublime, XXXII

-. (Jousiii, Promenade pftilosopki(/ue en Allemagne.

'.). (Ji'est c>; qu'un orudil all«MTiand contomporain appelle « dio Siicht das SiiHilose zii erklîiren, das Ahj^eschmackte zu ontschuldijîen, das hsluz Confuse zu vertusclion, oJer fjar als elwas besondcrs scliones. als eiiie Probe j»;nps v|/v.6v, fiir das dem Ungewcihten freilich das Ver^tîindniss fehlt, darzustelleii. » Voilû comment on arrive à nous parler des « gnlces inimitables >i des Rivaux et du Théagès\

4. « Nicht immer lilsst sicb cine Schrift ohne weitcres filr iinacbt erklâren, wenn die Sprache dem Zeitaltor oder der Nationalitiit des voraiisgeselzen Verfassers unangomcssen ist : denn die Spracbe kann durch Ueberîirbcitun;? veriindert sein. » (Bœckb)

LE CIUTKIUL'M INTKhNK .iOI

des lermes non seulement inconnus au temps de l'auteur, mais tout à fait étrangers au cercle de ses idées. Ce sont des locutions qu'on pourrait appeler techniques^ en ce sens qu'elles sont caractéristiques d'une période déterminée de Tart ou de la science. Chaque système a sa terminologie propre, par là môme qu'il introduit dans le monde intellectuel des idées nouvelles ou interprète à sa manière les idées déjîi répandues, soit qu'il les soumette à une analyse plus profonde, soit qu'il découvre entre elles des rapports jusque là inaperçus. Or cette terminologie n'a sa raison d'être que dans le milieu auquel elle a été adaptée, dans la doctrine dont elle est Texpression naturelle. Si donc dans l'exposé d'une tfiéorie il s'est glissé des termes ou des locutions manifestement empruntés au vocabulaire d'une secte dilFérente, notre défiance sera justement en éveil : à plus forte raison les soupçons seront-ils fondés si ces ternies ou ces locutions appartiennent à une école postérieure. Pour emprunter un exemple aux temps modernes, que dirait-on, par exemple, d'un texte philosophique qui se doimerait comme antérieur au xvui* siècle et dans lequel on verrait apparaître les antinomies^ V impératif catégorifjue, la raison pure opposée à la raison pratique, et tant d'autres mots plus ou moins étranges mis à la mode par la réforme kantienne ? Ne doit-on pas éprouver une égale sur|)rise en présence de termes tout aristotéliques au milieu de prétendus dialogues platoniciens? Kt parmi les preuves de l'origine apocryphe de la plupart des fragments de Philolaiïs et d'Archytas, ne faut-il pas placer en premic'îro ligne les locutions platoniciennes et même stoïciennes qu'on y rencontre à chaque pas* ?

l. « N'e>.t-on pas ohlijifo, (piand on sait que les mots 7cp6Xr,4''.;, xatdc/.Tj^j/i;» f-o/r, sont posti;riuiirs à Aristol<Mlo ne pas adin<»ttru comme coinpiùlemoiit exacts les textes on ils sont appliquas à des philosophes antésocratiques? » (M. Picavet). — O-pi'ndant ici même une certaine prudence s'impose. Ainsi oj: pourrait croire que les deux locutions tb xaOr,xov, ta xaOr,xovia sont d'orijîine exclusivement stoïcienne (comme on le voit affirmé chez Diogéne l.arTce. VU, 108), alors que la seconde tout au moins so rencontre d«'jà avec une acception prosque identique dans la CyropédUe (T, 2. 1). Dans le texte actUtl du i<^f chapitre du VII'" livre de la Politique d'Aristote l'expression ïbùZ'.'-j-.'A'j. i-aOà a une forte teinte de stoïcisme.

:»0*2 I/ŒUVHE DE PLATON

Quoi qu'il en soit, nous ne rerons aucune difficulté de reconnaître que dans la grande majorité des cas, eu dehors des fautes les plus grossières et des beautés les plus frappantes, tout le reste en matière de style est sujet à contestation, même aux yeux d'esprits non prévenus. Nulle base d*argumentation n*c8t plus glissante, et les condamnations de ce genre sont de nature à provoquer d'interminables débats.

Arrivé au terme de ce chapitre, après avoir loyalement signalé tous les écueils et tous les périls inhérents à l'emploi du critérium interne, accorderons-nous, comme on l'a proclamé, que ce critérium fait défaut de tous les côtés ? Non, sans doute, et en maintenant ses droits après en avoir tracé avec soin les limites, nous croyons servir les vrais intérêts de la science, si rarement en possession de tous les cléments nécessaires pour trancher par la voie deThistoirc et des témoignages les problèmes de tout genre que Torudit rencontre sur ?es pas en parcourant l'antiquité ^

i. Souvent mt^mo ce second critérium est appelé non seulement à comploter, mais à contrôler le critérium externe. « Pour moi. la règle la plus importante est le témoignage transmis par une tradition orale ou appuyé sur dos documents qui existaient alors et qui n'existent plus aujourd'liui. En second lieu, le contenu des écrits doit ôtre tel (ju'il donne à cetto prf uvo toute sa valour. » {(irimm. rite par Littré dans son étude sur Hippoi-rate, p. 179.)

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