‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 27 sur 203 · Diogône Laërce, II · texte numérisé non relu

Diogône Laërce, II

3. L'origine apocryphe des Lettres des socratiques est aujourd'hui universellement admise. Je rappellerai cependant, ne fût-ce qu'A titre de curiosité, que dans une de ces lettres (la 23* d'Orelli, et dans les Epistolographi graeci de Didot, p. 6â2) Xénophon raconte qu'il a lu à Mégare un dialogue de Pla-

En ce qui touche Platon, peut-on dire qu'il ait été l'élève dEuclide? Selon le témoignage de Gicéron, ce serait plutôt les Mégariques qui, dès ce moment ou dans la suite, auraient fait à Platon de larges emprunts ^ Si Ton se borne à admettre qu'à Mégare il a eu l'occasion d'étudier de plus près des problèmes métaphysiques dont Socrate s'était constamment détoarnéjSilon ajoute qu*il s'y est familiarisé avec certains artifices de dialectique renouvelés des Eléates et notamment de Zenon, OQ sera moins éloigné de la vérité qu'en parlant d'une « période mégarique » pendant laquelle l'enseignement d'Euclide aurait tout à coup exercé sur son esprit une influence capitale, bien plus, lui aurait imprimé pour un temps une orientation nouvelle. Si gratuite qu'elle soit, cette hypothèse a été tant de fois reproduite que nous sommes contraints de nous y arrêter.

Assurément l'Éléatisme mérite à bien des égards d'attirer Tallention de l'historien de la philosophie grecque, et dans un passage célèbre du Théétète^ Platon lui-môme n'a pas dédaigné de payer un légitime tribut d'hommage à la mémoire de Parménide. Par opposition aux (pudioXo^oi de l'école d'Ionie, Pythagoriciens et Eléates représentent le côté idéaliste du génie hellénique, protestant chez ceux-là contre les abaissements de la démocratie, chez ceux-ci contre les égarements de la mythologie populaire : en fallait-il davantage pour leur valoir toutes les sympathies de Platon? Maintenant, que Xénophane ait été un illuminé et un prophète à la façon d'Empédocle, ou au contraire un métaphysicien bien supérieur à tous ses devanciers; que Parménide, en proclamant l'identité de la connaissance avec son objet, ait entendu ramener la pensée à l'être, ou réduire l'ùtre à la pensée : qu'il ait soutenu un idéalisme plus extraordinaire que celui de Hegel, ou qu'il ne faille voir dans sa doctrine qu'un naturalisme raffiné: qu'il ait professé un véritable mé-

ton où celai-ci en avait pris à son aise avec la réalité historique. En cet endroit le texte est d'ailleurs très mutilé.

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