‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 41 sur 203 · Ad AtUolycum, III · texte numérisé non relu

Ad AtUolycum, III

PLATON APRÈS LA MORT DE SOCRATE li7

de Platon un disciple des Hébreux K En face de cette phrase célèbre du Ttmée : <( Nous disons de TÊlre éternel : il a été, il est, il sera ; il est, voilà la seule chose que nous puissions en affirmer, > saint Augustin se rappelle VEgo sum qui sum de VExode et s'écrie : « En vérité, Platon connaissait nos Saints Livres * ! »

Au moyen &ge, c'est là une tradition consacrée que Jean de Salisbury, dans son Policralicus ^ est seul à combattre. Ficin écrit une dissertation De concordiâ Mosis et Platonis ^. Plein de cette conviction, Dacier non seulement rapproche sans cesse les images et les tournures du philosophe grec de celles des prophètes hébreux, mais il ne veut pas que Platon ait puisé ailleurs ses grandes vues sur la politique : l'expérience, dit-il, n'aurait pas pu lui fournir les traits les plus remarquables de son tableau. Ainsi pensaient également la plupart des savants du xvii^ siècle qui aimaient à se représenter la mythologie grecque comme une copie infidèle de la religion révélée ^

Les objections cependant ne pouvaient faire défaut. Si l'Ancien Testament ne leur a point été fermé, pourquoi les philosophes grecs, et Platon en particulier, se sont-ils bornés à de rares et pauvres emprunts, passant indifférents à côté de tout le reste? Pourquoi en ont-ils si soigneusement dissimulé Torigine, pourquoi n'ont-ils pas su ou n'ontils pas voulu faire apparat-

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