M. Franck, La Kabbale, 2« édition, p
2. Mémorables, IV, 6, 15 : 8tà tûv (làXia-Ta d(ioXoYO'U(jivu>v èicopeuETo. — Consulter le mémoire si curieux d*£ichthal, inséré dans TAnnuaire de TAssociation pour Toncouragement des études grecques (1880) : Soerate et son temps.
xxeOL doutons pas, des causes puissantes pour entraîner Platon si loin des voies familières au maître pour lequel il professe une si sincère admiration ^
Et maintenant qu'on étudie Aristote : jamais dans l'antiquité Vesprit scientifique n'a remporté plus complet triompiie : quelle méthode rigoureuse, quelle logique sévère, quel empire absolu reconnu aux données et aux démonstrations de la raison, quelle défiance du prestige de la poésie, des insinuations da sentiment, quelle aversion marquée pour tout ce qui touche aa mythe et au symbole I Ici l'influence de l'Orient, de cet Orient parcouru par Alexandre en triomphateur, et qui allait s'ouvrir de toutes parts à l'action de la culture hellénique, est manifestement absente : tout est l'œuvre du génie grec, aiguisé par la logique et gravissant avec une calme et fière assurance les plus hauts sommets de la métaphysique. Par là même qu'il a voulu être et qu'il a été en effet plus compréhensif, Platon n'a pu atteindre à cette surprenante précision. C'est un de ces philosophes dont jusqu'à la fin l'âme est restée perpétuellement ouverte à tout ce qui pouvait lui apporter un écho même lointain des éternelles vérités.
Aussi, sans admettre avec Hermann que chacun de ses voyages Ta initié à d'autres doctrines et l'a jeté dans une voie nouvelle, il est plus inexact encore de soutenir avec Schleiermacher que, dès sa jeunesse, Platon avait arrêté dans son esprit toutes les lignes essentielles de son système et le plan de la série des dialogues dans lesquels il avait résolu de le développer. M. Zeller, qui ne consacre dans son grand ouvrage que dix lignes d'une note aux rapports de Platon avec l'Orient, affirme Que dans le système de l'illustre philosophe athénien tout a son origine et son explication dans la Grèce ^ : s'il entend par là îu'un Grec, et un Grec du iv« siècle, pouvait seul s'élever à
^' Telle est la thèse qae Bouchitté s'est attaché à mettre en lumiôre dans ^^ livre intitulé : Preuves de l'existence de Dieu,
2* M Der philosophische Gehalt seines Systems erscheint yon anderen als ittUoDischen fiinflûssen durchaus unabh&ngig. » {Philosophie der Griechen, 1I> i, 303, note.)
cette hauteur, et embrasser les aspects multiples du problème des choses avec une si merveilleuse harmonie, il a raison ; mais je me refuse à le suivre, s'il entend exclure de Tépanouissement du génie de Platon toute influence étrangère. Platon est un disciple de Socrate, un Grec d'Athènes, mais un Grec qui a échauffé son imagination aux rayons du soleil de l'Orienta S'il est permis de comparer la philosophie platonicienne à une œuvre d'art, le dessin du tableau, si élégant et si pur, le plan de l'édifice, si régulier et si grandiose, n'ont rien que d'hellénique : néanmoins, à examiner de près les détails de Texécution, un regard exercé découvre sans peine le reflet d'heureux emprunts faits à d'autres races, à d'autres croyances, à d'autres civilisations.