Epttres, II
5. I, 30. Strabon (IX, 1, 17) et Plutarque {de exiUo, 10) attestent également la beaaté des monuments de l'Académie, décorés, dit le savant géographe, de la main des premiers artistes, 6au(ia(rrà ïxo^ol texvitûv ïp^a. Nous savons par le scoliaste de VUSdipe à Colone (v. 56) que Prométhée avait un autel dans ce gymnase où son image était associée à celle de Vnlcain (Cf. Corp, inter. gr, 527).
20i LA VIE DE PLATON
doute qu'elle s'offrit à ses yeux à la fin du ii* siècle de notre ère. A rentrée, uu autel était consacré à Eros ^ : d'autres à l'intérieur aux Muses, à Minerve, à Mercure et à Hercule^ divinités dont le culte simultané n'a rien qui surprenne dans un lieu destiné à exercer aussi bien Tadresso et la force du corps que les plus nobles facultés de l'esprit. Au temps de Synésius, au dernier crépuscule du paganisme, c'était encore un sujet de fierté pour les amis de la philosophie d'avoir vu de leurs yeux et foulé de leurs pieds l'Académie, le Lycée et le Pécile.
Parmi les spectacles pleins d'enseignements qu'offrent les lieux illustrés par de grands souvenirs, en est-il de plus saisissant que le contraste entre leur gloire passée et leur abandon présent? Du séjour enchanteur que nous venons de décrire, que reste-l-il à l'heure présente? Rien qu'un nom : la plaine s'appelle encore Akadhimia : les Athéniens modernes, et on doit les en louer, ont conservé aux sites les plus remarquables de leur capitale des désignations toutes pleines de poésie antique, mais les temples, les jardins, le gymnase où Platon et ses successeurs ont enseigné ne sont plus : le temps et les invasions qui ont détruit tant de merveilles ne les ont point respectés. « Aujourd'hui tout a disparu de cette Académie, écrivait un voyageur du xviii® siècle. Le Roy, hors la beauté du lieu et la fertilité du terrain, deux choses qui savent résister aux révolutions du temps. » Ecoutons maintenant Chateaubriand dans son Itinéraire : « En nous rapprochant d'Athènes, nous errâmes assez longtemps dans les environs de l'Académie. Rien ne fait plus reconnaître cette retraite du sage. Ses premiers platanes sont tombés sous la hache de Sylla et ceux qu'Adrien y fit peut-être cultiver de nouveau n'ont point échappé à d'autres barbares. L'autel do l'Amour, celui de Prométhée et celui des Muses ont disparu : tout feu divin s'est éteint dans le bocage où Platon fut si souvent inspiré ». Mais est-il permis de pleurer
1. C'est à cet autel que les éphébes aUumaient leurs torches dans les lainpadophories célébrées aux PanathéDées.
sar rAcadémie quand le Poyx est sans voix et le Parthénon mutilé » ?
Le touriste contemporain peut encore se représenter par la pensée ces nombreux auditeurs groupés dans un site gracieux pour recueillir les leçons sorties d*une bouche éloquente : il n*a devant lui que des bas-fonds couverts de plants d*oliviers et d'herbes potagères. En été on y trouve encore un reste d'ombre alors que la campagne environnante est brûlée par le soleil. Des quatre fleuves de TAtlique, seul le Céphise athénien abandonnant à chaque instant son lit raviné et les roseaux de ses rives pour suivre malgré lui d'étroites rigoles de pierre, va distiller encore quelques gouttes à un sol altéré et semer çà et là sur son passage quelques fleurs et quelque végétation ^ Afais si l'œuvre des hommes a disparu, la nature demeure : à l'horizon le même panorama se déroule aux regards, encadré «ntre l'Hymette couvert d'arbustes sauvages, le Famés et sa cubaine sombre, le Lycabette et ses rochers aigus : maintenant encore, comme au temps de Sophocle ^ le chant du rossignol :vetentit dans le bois d'oliviers voisin et la cigale chère aux athéniens remplit de son siFflement aigu ces lieux jadis si célèbres, aujourd'hui presque abandonnés ^.
i. HàtoQS-nous d'ajouter qu'Ovide, témoin de la résurrection de la Grèce tneUe, n'écrirait plus ce vers mélancolique :
Quid PandioniiB restant, nisi nomen, Athenae?
2. Je dois à l'extrême obligeance d'un professeur distingué de la Sormne, ancien élève de l'école d'Athènes, les indications suivantes sur l'as-
'^pect actuel des lieux. L'emplacement de l'Académie, occupé en partie par le jardin botanique, est coupé par la route de Patissia, laquelle se bifurque «a delà de ce village et conduit d'un côté i\ Marathon, de Tautre à Ménidi ^*AcIiamet des anciens). L'Académie devait s'étendre surtout à gauche de la ^sroute, vers Colone qu'elle rejoignait pcut-»nre. Au milieu des oliviers et des <ypré8, on aperçoit çà et là des champs labourés, des vergers, des vignes et «des arbres fruitiers : les propriétés sont séparées par des murailles en terre .^aune, hautes de deux à trois pieds.