Th. H. Martin, Etudes sur le Timée, II, p
l*égal d'une opposition déclarée. De là des dissensions fâcheuses, des rébellions même auxquelles ses deux absences en Sicrile donnèrent un nouvel aliment : on alla, dit-on, jusqu*à ^%rouloir l'expulser de celte* Académie où toute une génération ^tait venue l'applaudir, et il ne fallut rien moins que l'in ^ervention des magistrats pour lui en assurer la paisible jouisssance.
Au premier rang des révoltés j'aperçois Aristote qui, fier de
^on propre génie et rebelle à toutes les séductions d'une méta-
]|physique idéale^ n'hésita pas à faire schisme du vivant de son
soaattre ' : l'opiniâtreté avec laquelle il a poursuivi la lutte mon-
llre qu'entre ces deux esprits toute réconciliation définitive était
impossible. Il nous semble dès lors voir Platon, déjà avancé en
^e, réduit au rôle de Schelling remontant à soixante-six ans
<n 1841 dans sa chaire de Berlin pour combattre son propre
disciple et essayer d'enrayer le développement menaçant de
J'hégélianisme.
Ainsi cette même curiosité intellectuelle qui au début avait ^té pour récole platonicienne un incontestable élément de succès, allait se retourner contre elle le jour où à son exemple <l'autres sectes auraient arboré au Lycée, au Pécile, leur bannière rivale. Mais supposons un instant qu'Aristote conquis par l'ascendant du maître ait résolument apporté à la défense des théories de Platon le génie prodigieux qu'il a déployé dans l'attaque : quelle transformation incalculable dans les destinées philosophiques de notre Occident t
Platon était abandonné, presque trahi par son plus illustre disciple. C'est à son neveu Speusippe qu^en mourant il dut léguer avec la majeure partie de son patrimoine ce qu'il avait de plus cher au monde, la direction de son école. Cette transmission de pouvoirs eut-elle lieu avec une solennité particulière, ou pour marquer son choix sans cependant éveiller des récriminations bruyantes, Platon eut-il recours à quelque moyen ingénieux analogue à celui qui servit en pareil cas à