Plutarque, Phocion
4. Tel ce jeune prince d'IIéraclôe dont Momnon nous a conservé Thistoife.
5. Justin, XVI, 0. — Cf. le langage de Démosthène au sujet d'Ëuphré dans sa troisième Philippique.
moignages de rantiquité S la critique moderne a cru devoir se montrer défiante : et pendant que M. Chaignet écrit : « Au souffle héroïque qui est la beauté et la vertu de sa parole, on devinerait, si on ne le savait pas, que Démosthène fut le disciple de Platon §, le biographe le plus autorisé du grand orateur, M. Schâfer, s'inscrit en faux contre la tradition. Ce q^ui est plus probable, c'est que Platon a attiré à ses leçons quelques-unes de ces femmes savantes qui au temps de Philippe faisaient de la philosophie comme au temps de Périclès ^lles faisaient de la politique ^.
D'ailleurs, de cette célébrité incontestable faut-il conclure ue le philosophe a eu des élèves dignes d'an pareil maitre? icéron compare ingénieusement Técole d'Isocrate au cheval e Troie d'où il ne sortit que des chefs : le même éloge est-il pplicable à celle de Platon ? Il est vrai que former un méta- (i^hysicien est tâche autrement plus difficile et moins populaire €^ue former un rhéteur ! En plus d'un passage l'auteur des ^^ialogues se demande avec mélancolie comment les plus grands hommes politiques de son pays sont morts sans léguer ^ la république aucun héritier de leur prestige et de leur talent. Hélas 1 malgré toute sa gloire il ne devait pas lui être ^onné davantage de faire de l'un des siens un second Platon : plutôt ce second Platon, l'égal du premier par le génie, 'a pas tardé à devenir son plus redoutable adversaire. Parmi ^:^ux qui firent preuve de la plus grande fidélité aux enseignesnents du maître, en est-il un seul qui s'en soit vraiment pé- :Kiétré, qui les ait vraiment compris ? Ou au contraire, le grand
1. Gicéron affirme le fait en maint passage et se fonde avant tout sur le ton «31evé de l'éloquence démosthénienne : a idque apparet ex genero et grandi- "^ate verborum » (De oralore I, 20, — Brulits, 31. — Oraiw^ IV, 15). Après lui «on lit la même assertion chez Quintilien (XII, 2. 22)', Plutarque (Démoz- Mhène, 5), Lucien {Eloge de Dém,^ 12), Diogène Lacrce (III, 46) et l'auteur du
JDialogue des orateurs^ qui parlant de l'influenco des philosophes sur Téloc^nence» s'exprime ainsi : « Si testes desiderantur, quos potières nominabo
<|aam apud GrsBCos Demosthenem, quem studiosissimum Platonis audito-
vem faisse mémorise proditum est ? » (Gb. XXXII).
2. LasUiénie de Mantinée et Axiothôe de Phliunte sont citées nommément par plasieara auteurs.
philosophe ne méritc-t-il pas qu'on le plaigne d'avoir eu dans ses premiers successeurs « des partisans trop faibles pour défendre sa doctrine, assez présomptueux pour l'altérer, assez négligents pour la mutiler par Tabandon de quelques points essentiels, d'ailleurs assez peu intelligents pour ne pas en saisir l'idée véritable * ? »
Quand se tut la voix éloquente qui si longtemps avait fait la renommée de TAcadémie, les esprits qu*elle avait réussi provisoirement à discipliner reprirent leur pente naturelle. Il fut manifeste que la plupart sympathisaient avec la personne do Platon plus qu'avec son système : dès qu'ils ne furent plus sous le charme, les uns revinrent aux théories de Pythagore, vantées peut-être avec excès par le maitro, les autres, incapables de soutenir contre des doctrines rivales une lutte sans cesse renaissante, rendirent les armes et frayèrent les voies au probabilisme d'abord, puis au scepticisme. Ainsi non seulement il ne se trouva personne à la mort de Platon pour recueillir et accroitre'son magnifique héritage, mais pendant sa longue existence Técole académique ne sut même pas vivre de souvenirs.
Il y a plus. Sous les yeux mêmes de Platon la concorde au sein de l'Académie se trouva maintes fois compromise. Le fait n'a rien d'inexplicable : ce qui surprendrait davantage, ce seraient quarante ans de paix sans nuages et de domination incontestée. Un des éloges le plus volontiers accordés à Socrate, c'est qu'il avait le don de provoquer l'élan des esprits sans engager leur indépendance. Ainsi Antisthène et Aristippe lui étaient également attachés : Cynîques et Cyrénaïques, ceux-là ennemis, ceux-ci esclaves du plaisir, se réclament au même titre de son enseigne. uent. Pareille liberté de penser, que comportait la largeur d'esprit socratique, n'était guère compatible avec un système bien plus dogmatirjue et surtout bien plus compréhensif. En outre le caractère de Platon n'était peut-être pas exempt d'une certaine hauteur, que tout défaut d'adhésion froissait à