Ibidem, art
au Roi’. « Que le prix du pain, disaient-ils, soit toujours fixé à deux sols la livre comme en Hollande. Tous ces pauvres ouvriers, qui, faute d'occupation, gagnent quinze sols à travailler, comment peuvent-ils vivre, le pain valant vingt-cinq sols la livre? » Même plainte contre les mécaniques. « Les ouvriers qu’elles emploient, au lieu de gagner quarante sols, à grand peine en gagnent vingt, et la fabrique n’en vaut rien. Vingt ou trente personnes occupées à une mécanique font tort à plus de deux cents qui seraient occupées à filer.,» La faute en est aux députéséchevins, tous nés dans la ville et tous négociants. Pourquoi ont-ils omis les deux articles ci-dessus? « Parce que la plupart font commerce de blés et que d’autres sont inventeurs de mécaniques auxquelles ils gagnent considérablement. Ces messieurs sont pourtant du tiers état, mais leur.intérêt les porte, pour ainsi dire, à mépriser les autres. Le proverbe est bien vrai de dire : que les gros poissons mangent les petits. » Mêmes récriminations, mais sur un ton plus violent encore, dans un pamphlet intitulé : La mort du tiers état, ou plaintes que présentent au Roi les bourgeois de la ville de Rouen au nom des malheureux de toute la province de Normandie *.
L'assemblée du tiers état de la ville avait révélé des dissensions profondes entre la municipalité et les corpora- tions : l'assemblée du bailliage ordinaire allait mettre aux prises les citadins et les ruraux.
Le bailliage ordinaire de Rouen comprenait, outre la ville, les sergenteries de Darnétal, Pavilly, Saint-Victor,