‹ La vie et l'œuvre d'un constituantChapitre 124 sur 234 · Bibl. nat., Le · texte numérisé non relu

Bibl. nat., Le

2. « Ils vous représentent, Sire, que les orgueilleux commissaires, députés pour la rédaction des cahiers de doléances, ont rejeié les leurs ’ comme tout à fait contraires à leurs intérêts personnels, en leur imposant un silence absolu. »

Même plainte au sujet des mécaniques : «Une ‘de ces machines, conduite par trois personnes, dévore la substance et fait l'ouvrage de soixante à quatre-vingts. Cruelle invention, qui est soutenue par la Chambre de comméerce et l'hôtel de ville, parce qu’elle alimente leur cupidité. » (Lb 39-1629.)

Grand-Couronne, Cailly, Pont-Saint-Pierre'. Leurs intérêts n'étaient pas exclusivement agricoles, puisque la filature à la main occupait alors une grande partie de la population des campagnes ; les effets de la crise industrielle de 1788 n’y étaient pas moins désastreux que dans les villes. Les quatre-vingts députés de Rouen allaient done se rencontrer avec les députés des campagnes, beaucoup plus nombreux, puisque l'assemblée comptait environ six cents personnes?. C’étaient comme deux classes d'hommes étrangères l'une à l’autre, séparées par des jalousies et des méfiances réciproques. Elles ne supportaient pas les mêmes charges et parlaient à peine la même langue. Bref, les campagnards arrivaient fort mal disposés à l’égard des citadins, gens de loi ou commerçants *. Depuis plusieurs semaines des pamphlets dus aux amis du Parlement, et répandus jusque dans les auberges, entretenaient la désunion*.

L’antagonisme éclata dès la première séance (1* avril). Boullenger, le lieutenant-général au bailliage, qui présidait en robe rouge, proposa délire pour la rédaction du cahier vingt-quatre commissaires pris moitié dans la ville, moitié dans les campagnes. De vives réclamations s'élevèrent; on s'arrêta finalement au chiffre de quarante-sept, dont huit seulement pour la vilte*. Fheuret futle premier

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