Révolutions de Paris, n° 88 (12-19 mars
4. Thibaudeau parle d’une visite à Thouret pour obtenir un tribunal à Poitiers (Corresp., p. 71). Un délégué du Havre, qui réclamait pour sa ville
Thouret appartint encore à deux autres Comités : celui de législation criminelle, où il ne fit que passer (11 septembre 1789-janvier 1790)! et celui des colonies, dès sa Fut-il choisi à titre de juriste,
fondation (4 mars 1790) ou simplement parce qu'il représentait une ville maritime ? nous l’ignorons. Si c’est à ce dernier titre, il dut se montrer peu favorable à l'émancipation des noirs *. Ses idées en cette matière devaient se rapprocher de celles de Barnave. En tout cas, bien qu'il figure comme président de ce Comité dans l’Amanach royal de 1791, nous doutons qu'il ait pu prendre une part bien active à ses travaux.
Nous avons tenu à marquer la place prise par Thouret dans les Comités parce qu’il y dépensa une grande partie de ses facultés de travail et d'organisation. Dans ses réponses aux municipalités ou aux directoirés, dans les instructions qu’il rédigeait, il pouvait se croire encore le procureur-syndie non plus d’une assemblée provinciale, mais de l’Assemblée nationale, chargé d'expliquer le mécanisme des nouvelles lois et d'en surveiller l’exécution.
Quant à son influence sur l’Assemblée, elle était due à la fois à sa science juridique et à son incontestable talent d’orateur‘. Sans doute, ses succès antérieurs au barreau de Rouen pouvaient faire présager ceux qu'il remporterait à la tribune de l'Assemblée : ils n’en étaient
le chef-lieu d'un district, écrivait à la municipalité : «Il n’est que trop vrai, Messieurs, que M. Thouret nous oppose de grands obstacles. Nous trouvons presque partout son espritet son opinion. (Arch. mun. du Havre, D, Lt 9)