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2. Le Comité comprenait douze membres: Begouen, du Havre, fut élu par 582 voix, de Champagny par 382, Thouret par 371. (Arch. nat., C, 37). Mais le procès-verbal de ses séances ne mentionne jamais son nom.

3. Cette phrase d’un délégué du Havre, envoyé pour combattre l'abolition de la traite, est à retenir: « Le zèle de M. Thouret pour la bonne cause et ses dispositions vous sont connues. » (Arch. mun. du Havre, D, IT, 2.)

4. Il n'est pas besoin de rappeler ici le chapitre consacré à Thouret par . M. Aulard dans son livre : Les Orateurs de la Constituante.

pas un gage certain. Son confrère Target, la gloire. du barreau de Paris, en avait fait l'expérience. Thouret réussit mieux, parce qu'il était plus simple. Ses qualités fondamentales d'ordre, de logique, de clarté, étaient faites pour séduire une assemblée sensible avant tout à la justesse et à la rigueur du raisonnement. Il excellait, comme jadis, à bien définir une question, à la décomposer par l'analyse en ses différents éléments, à ordonner avec méthode ses développements et à ramasser ses arguments comme en un solide faisceau pour frapper le coup décisif, S’il rencontrait sur son chemin des contradicteurs qui s’appelaient Sieyès, Mirabeau ou Tronchet, il ne passait jamais outre avant d’avoir essayé de réfuter point par point leurs raisons et il ne-s’arrètait qu'après avoir épuisé les siennes. Pas de citations, bien qu'il fût très érudit, très peu d'images, encore moins d’apostrophes : aucune trace de cette rhétorique qui coule à pleins bords dans les discours de la Convention. Il n’était pas de ceux qui remplacent une idée par une métaphore et il ne visait, en s'adressant à ses collègues, qu'à convaincre leur raison. Sa manière, toute- “fois, n’est pas uniforme : on pourrait dire de certains discours de Thouret qu’ils procèdent de l’esprit de géométrie, d’autres de l'esprit de finesse, voire même de subtilité. Au nombre des premiers, nous mettrions sa fameuse motion sur les biens du clergé, qui n’est que le développement d’un syllogisme. A la deuxième catégorie appartiendraient la plupart de ses discours sur l’ordre judiciaire, où il s’agit moins de poser un principe que de faire appel à l'expérience et d’invoquer des motifs d'opportunité, pour instituer par exemple le jury en matière criminelle et l’ajourner en matière civile. L’écueil d’un pareil genre est, il faut l'avouer, une certaine froideur. On souhaiterait un style moins gris et moins dépouillé. Par crainte des phrases creuses, il tombe parfois dans l’affectation des termes abstraits ou scientifiques. Parlant de létablisse-

ment des jurés, il dira : « En spéculation, le calcul des proba= bilités élève un grand nombre de préjugés en sä faveur ‘ On croirait entendre ici Sieyès ou Condorcet. Disons, à sa décharge, que la nature même des sujets qu'il traitait excluait le plus souvent les grands élans oratoires. Valait-il mieux diviser la France en quatre-vingt-trois ou en cent vingt départements ? fallait-1l confier la police judiciaire aux juges de paix concurremment avec les officiers de gendarmerie ? en cas de régence élective, était-1l préférable de s'adresser à l'Assemblée législative où à une assemblée spéciale ? C'étaient là des questions peu propres à exciter les passions. IT lui suffisait alors d’être incomparable dans ce qu'on à appelé justement « l'éloquence d'affaires? » Mais dans d’autres circonstances ce style devenait capable d'émotion et de chaleur. On peut relire son discours sur l'obligation du Roi de résider ;maisilse surpasse lui-même en soutenant contre Tronchet les avantages de l'instruction orale devant le jury sur les preuves écrites *. Qu'a-t-1l done manqué à Thouret pour obtenir le renom de grand orateur, lui qui en possédait quelques-uns des dons essentiels ? Peut-être une seule chose, qui est de s’abandonner à l'improvisation. Montlosier a prononcé ce jugement, peut-être trop absolu : « Beaumetz a improvisé rarement, Thouret jamais». Il serait plus exact de dire que s’il erut devoir apporter, suivant l’usage presque général, ses discours soigneusement rédigés à l'avance, il n'eut jamais besoin de lire ses répliques; l'abbé Maury aurait pu en témoigner.

1. Deuxième discours sur l'ordre judiciaire, pl: 2. Aulard, op. cilato.

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