‹ La vie et l'œuvre d'un constituantChapitre 208 sur 234 · A ARS TS · texte numérisé non relu

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pour prêter serment de fidélité à la Constitution. Avant son arrivée, Thouret, président, avait fait adopter l'étiquette à observer : se lever à l’entrée et à la sortie du Roi, rester assis et couvert pendant qu'il parlerait. La scène qui se passa fut étrange. Ne pouvant l’analyser, nous la reproduisons d’après le Moniteur :

@ Un huissier : « Voilà le Roi! »

Le Roi entre dans la salle accompagné de tous ses ministres, n'ayant d'autre décoration que la croix de Saint-Louis. L'Assemblée se lève. Le Roi va se placer à côté de M. le président.

Le Ror : « Messieursje viens consacrer ici solennellement acceptation ‘que j’ai donnée à l’Acte constitutionnel. En conséquence, je jure (lAssemblée s’assied) d’être fidèle à la nation et à la loi, d'employer tout le pouvoir qui m'est délégué à maintenir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et à faire exécuter les lois. (Le Roi s’assied*. La salle retentit d’applaudissements). Puisse cette grande et mémorable époque être celle du rétablissement de la paix, de l’union, et devenir le gage du bonheur du peuple

et de la prospérité de l'empire... » (La saile retentit plu-

sieur minutes d’applaudissements et decrisde : Vive leRoi!)

Le discours de Thouret est trop long pour être cité : c'était une réponse de circonstance, un hosanna en l’honneur de la Constitution et du bonheur que devait ressentir

- Louis XVI à être monarque constitutionnel. Il prononça

la première phrase debout. Le Roi étant resté assis, Thouret s’assit à son tour. La plupart des journaux mentionnent ces jeux de scène. Ajoutons un détail qui choqua beaucoup. : « Tous les spectateurs se sont accordés à nous dire qu'au début, Sa Majesté parlant debout, M. Thouret, président, assis les jambes croisées et le coude appuyé sur le bras de son fauteuil, regardait attentivement le Roi”.

4. 11 venait de s'apercevoir qu'il était seul debout. 2. Mercure (septembre 1791, p. 31%).

Pendant sa réponse, il ne cessa d’agiter sa jambe gauche posée sur la droite. » L'auteur de l’article Thouret dans la Biographie nouvelle des contemporains, qui dit avoir vécu dans son intimité, assure « que toute idée de manquer à la dignité royale et à Louis XVI était bien éloignée-de son esprit et de son cœur ». Avouons-le cependant : ce jour-là uneautre’attitude eût honoré davantage l'Assemblée et son président.

Le 30 septembre, le Roi se rendit de nouveau dans la salle des séances pour la clôture de la session’. Il exprima des regrets, sans doute sincères, sur le départ de lAssemblée, « qu'ileût voulu voir essayer en quelque sorte son ouvrage ». Il assura qu'il emploierait toutes ses forces à maintenir la Constitution. Thouret fit de nouveau l'apologie de la monarchie constitutionnelle, en termes nobles et pompeux. La péroraison était celle-ci : « Bientôt rendus à nos foyers, nous allons donner l'exemple de l’obéissance aux lois et enseigner par notre exemple qu’il ne peut exister de liberté sans un profond respect des autorités constituées... Votre Majesté a fini la Révolution par son acceptation si franche et si loyale de la Constitution. » Et, s'adressant au public après le départ du Roi : «[/Assembléenationale déclare que ses séances sont finies. Que les rois de la terre nous disent si leur pouvoir absolu donne de pareilles jouissances et si leurs lits de justice ou leurs audiences ont jamais présenté ces douces et profondes émotions, et ces communications touchantes entre les peuples et les rois! Là se termine la plus belle partie de l’histoire moderne d’un grand peuple. Puisse-t-elle devenir le patrimoine de tous les peuples de la terre?! »

4. La veille, sur la proposition de d'André, l’Assemblée avait modifié le cérémonial suivi le 14 septembre.

2. Point du Jour, XXNI, séance du 30 septembre. Cf. Correspondance de Salamon, 3 octobre 1791. « Le Roi vint à trois heures et demie et fit un discours analogue à celui de son acceptation. Il est du même auteur, et on y reconnait la même touche. Thouret, président, y répondit d’une manière à faire connaître qu’il en avait déjà une parfaite connaissance. »

NPD ET

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