‹ La vie et l'œuvre d'un constituantChapitre 222 sur 234 · Gilbert Liendon · texte numérisé non relu

Gilbert Liendon

5. Procès-verbal de la séance du tribunal révolulionnaire (KW 351).

6. Significalion au concierge du jugement qui condamne à mort, Pr ocèsverbal d'exécution et de mort (W 527).

corps du supplicié fut inhumé, suivant l'usage, au cimetière de la Madeleine ! (3 floréal an IL, 22 avril 1794). Ainsi mourut, frappé pour des eomplots imaginaires, un des hommes qui avaient été l’honneur de l’Assemblée nationale. Est-ce Fouquier-Tinville seul qu’il faut rendre responsable de ce crime judiciaire ? Il ne fit, en cette cir-

- Constance, que son métier de pourvoyeur de la guillotine?.

Est-ce les jurés qu’il fascinait de sa rhétorique boursouflée-et meurtrière ? Ils étaient choisis, non pour juger, mais pour condamner. Les membres des Comités de Sûreté générale et de Salut public savaient, eux, ce qu’ils faisaient, en ordonnant la mise en jugement. Parmi eux, il en est un dont la signature manque, mais dont la complicité nous paraît certaine : c’est Robespierre. Le même personnage qui, sans se découvrir, venait d’arracher à la

Convention la tête de Danton, était bien capable de dési-

gner comme Dantonistes ceux dont il désirait la mort. L'acte d'accusation fait à peine état de la conspiration des prisons. Le grand crime de Thouret, c’est le rôle qu’il a joué en 1791*. Thouret avait été Padversaire de Robespierre lors des débats sur la révision. C’était assez pour que le maître de la Convention songeât à venger les injures du député à la Constituante ?.

4. (Descloseaux): Liste des personnes qui ont péri par jugement du tribunal révolutionnaire depuis le 25 août 1792 jusqu'au 13 juin, 25 prairial an IL, et dont les corps ont été inhumés dans l’ancien cimetière de la Madeleine. Bibl. nat. Lb 41/2696. Thouret, figure sous le ne 676. {

2. Fouquier-Tinville, dans son mémoire imprimé, dit que les listes des prévenus des conspirations du Luxembourg, des Carmes, de Lazare lui ont été remises dans le lieu des délibérations du Comité de Salut public. (Saladin): Rapport au nom de la Commission des 21, Bibl. nat. Le 38/1259. Cf. Réponse des membres de l'ancien Comité de Salut publie. Bibl. nat. Le 38/1260. |

3. La phrase qui la mentionne semble même avoir été ajoutée après coup.

4. « 11 fut bientôt convenu qu'il y aurait en Révolution quatre qualités

qu’on ne pardonnerait pas: celles de riche, de noble, prêtre et constituant

(déposition de Ducray, conseil public, cinquante-neuvième témoin au procès

-de Fouquier-Tinville, citée par Wallon, Histoire du Tribunal révolutionnaire; 1 287).

5. Louis Blanc dit de Robespierre : Il aurait aussi voulu sauver Thouret,

Thouret n’avait que quarante-sept ans‘, Il méritait une autre destinée. Que serait-il devenu, s’il avait survécu à la Terreur ? Serait-il demeuré en lan VIIT le ferme républicain qu'il était en l'an IN? Ou bien, comme tant d’autres constituants, comme Sieyès et Talleyrand, se serait-il rallié à l’homme qui, le 49 brumaire, prétendait terminer la Révolution en la fixant à ses premiers principes? Recherché par le premier Consul, 1l eût occupé avec une égale compétence une place au Conseil d’État ou à la Cour de cassation, et cette place eût été la première. Avec quelle joie il eût pris part aux délibérations d’où sortit le Code civil?! Gomblé d’honneurs et de dignités, 1l fût devenu, comme Merlin de Douai, le terrible rapporteur de la loi des suspects, grand officier de la Légion d'honneur, sénateur, comte de l'Empire : mieux vaut encore pour sa mémoire l’auréole d’une fin tragique, place de la Révolution.

si l'on en juge par le langage que celui-ci tenait dans la prison du Luxembourg, où il faisait continuellement l’éloge de Robespierre et le désignait comme l’homme qui devaitmettre un terme à la Terreur (d'après Beaulieu). Nous avouons ne pas comprendre ce raisonnement.

4. 11 ne lui manquait plus que huit jours pour achever sa quarantehuitième année.

2. Un projet de code de procédure civile, datant de 4792, dû à Thouret, . fut imprimé en 1804 et distribué aux membres chargés de rédiger le code judiciaire et aux conseillers d'Etat composant la section de législation.

(Mouard, note Il, cf, Biographie nouvelle). Il parut chez Rondonneau (38 p.

in-8° s. d.)

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