‹ La vie et l'œuvre d'un constituantChapitre 233 sur 234 · QUELQUES PORTRAITS DE THOURET · texte numérisé non relu

QUELQUES PORTRAITS DE THOURET

Quel homme est M. Thouret ? C’est ce qu’il est difficile de dire. Il s’est opposé à la constitution des Communes en Assemblée nationale, constamment il a voté pour les partis faibles, et ses opinions dans ce genre étaient si connues que, le clergé et la noblesse ayant voulu le faire nommer président, ce sont les hommes exagérés qui l'ont forcé à refuser. Insensiblement son caractère s’est exalté, cependant il n'a été bien prononcé que lors de la discussion des biens ecclésiastiques, et croira-t-on sans peine que le jour même où M. Thouret a prononcé le discours qui lui a valu une si grande réputation, il me disait : « Tout ce que nous faisons et rien, c’est la même chose ; nous ne sommes plus que des enfants qui jouons à l’Assemblée nationale. Ne voyez-vous pas que le royaume se dissout ? » Sa conduite subséquente ne s’accorde guère avec cette opinion. La fermeté, la constance avec lesquelles il travaille journellement au comité de constitution, l’ardeur-avec laquelle il établit et défend ses projets, tout annonce certainement un homme qui croit à l'importance et à la durée de la besogne. Du reste, beaucoup de gens l’accusent d’avoir le caractère de son pays, et il me paraît qu’il sait au moins très bien plier ses opinions aux circonstances. C’est en tout cas le premier dialecticien de l’Assemblée; il a une force prodigieuse de logique, .une tête profondément organisée, et il laisse loin derrière lui les hommes qui ont le plus de réputation.

(Journal de Duquesnoy, Il, 214, 25 décembre 1789.)

Thouret, avocat en révolution, depuis la suppression des parlements avant de se charger de la police de l'empire, il avait essayé de quelques ministres, et comme il n’y a point de grands hommes pour leurs valets, il les avait étudiés dans leurs antichambres ; mais leur infortune lui a bientôt prouvé leur ineptie, et il les a abandonnés. Depuis ce moment il règne par lui-même, tantôt éomme président, tantôt comme rapporteur; et, comme toute justice est supprimée, il paraît constant qu’on va créer pour lui la charge de chancelier de la nation

Petit Dictionnaire des Grands Hommes de la Révolution par un

ciloyen actif, ci- devant rien (Rivarol), au Palais-Royal, de l’Imprimerie Nationale, 1790.

Son visage, composé selon l'usage du pays dont il sort, n empèéche pas que son profil ne soit précisément celui d’une méchante guenon. C’est un scélérat bien pervers, bien traître et bien rusé. Il n’estpas sans talent, mais tous ses moyenssont dévoués à la méchanceté, la bassesse, la perfidie; factieux et avide; il vendrait son père pour de l’argent. Tous ses biens, fruit de ses voleries, seront confisqués, et il sera pendu en place de Grève, ensuite exposé aux fourches patibulaires, pour l'exemple de ses confrères avocats.

Signalement et condamnation de factieux régicides qui détruisent le royaume. 1791. (Ville de Paris, 45.520, 8°.)

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