Bénerville, canton de Pont-l’Évêque
1712, orphelin à dix ans, vint de bonne heure s'établir à Pont-l'Évèque, où, à l’âge de vingt ans, il épousa Marie-
Sainte Domin, fille d’un tanneur, bourgeois de la ville. Lui-même, dans son acte de mariage, ainsi que dans l’acte de baptème de son fils ‘, est qualifié de clerc de M° Hébert, avocat. Puis il passa chez M° Le Sueur et, en 1750, 1l acheta l’une des deux charges de notaire royal ?. Son frère cadet, Michel, le rejoignit à Pont-l'Évèque où il exerçait la profession de marchand chandelier. Avec eux les Thouret sortent de la glèbe et entrent de plain-pied dans les rangs de la bourgeoisie.
Il serait, sans doute, oiseux de rechercher ce que Thouret dut à cette lignée d’obscurs ancêtres dont la trace ne subsiste que dans les registres paroissiaux et les minutes des tabellions. Lui ont-ils transmis les solides qualités du génie normand, la ténacité dans les entreprises, la netteté du jugement servie par un sens pratique et parfois subtil des affaires ? On peut le supposer. L’intendant de Rouen, en 1698, définissait ainsi ses administrés : « Les habitants du côté de Pont-Audemer et de Pont-lÉvêèque se montrent beaucoup plus fins, plus subtils et plus chicaneurs (que ceux des autres élections). On reproche à la nation un défaut général de n’être pas sincère et de manquer de parole. On peut dire qu’ils ont de la prudence et du bon sens ; leurs vues sont justes, leurs desseins assez bien concertés, et comme ils savent judicieusement choisir et employer les moyens, on les voit rarement manquer de parvenir à leurs fins*... » Or, le biographe de Thouret, Mouard, nous dit que « la prudence faisait le fond de son caractère * », et il convient plus loin qu'il était « ambi-