‹ La vie et l'œuvre d'un constituantChapitre 56 sur 234 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Rouen, dans les dernières années du règne de Louis XV, était une des grandes villes du royaume’; mieux encore, une capitale de province. Admirablement située, mais moins étendue qu'aujourd'hui, elle tenait tout entière sur la rive droite de la Seine ; plusieurs faubourgs la prolongeaient jusqu’à la campagne”. « Son assiette, écrivait Piganiol de la Force, est basse et enfoncée sur le bord de la Seine, entourée de trois côtés de montagnes fort hautes et fort escarpées, n'ayant que le seul côté de la rivière qui soit ouvert”. Ses vieux murs, ses tours rondes « à l’antique » subsistaient encore en partie ; ailleurs, sous limpulsion de l'intendant Thiroux de Crosne, ils tombaient pour faire place à des ronds-points et à des boulevards plantés d'arbres. Ses maisons, serrées dans cette étroite enceinte, alignées suivant la fantaisie des rues tortueuses, s’étageaient en rangs pressés depuis les bords du fleuve jusqu'aux pieds des coteaux qui dessinent autour d'elle un vaste amphithéâtre, de la côte Sainte-Catherine au mont Saint-Aignan. De leur masse émergeaient les flèches de plus de trente églises, legs vénérable du moyen âge et de la Renaissance, dominées elles-mêmes par les tours ogivales

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