Mouard, p
4. Discours prononcé par Thieullen, lors de l'installation des tribunaux d'appel (Journal de Rouen, 6 prairial an XII — 26 mai 1804). * 5. Biographie nouvelle des contemporains, art. Thouret.
6. Il s'agissait de fixer les droits du créancier hypothécaire en matière de - subrogation. Ù
7. L’appointement est en général un jugement préparatoire par lequel le juge, pour mieux s'instruire d’une affaire, ordonne que les parties la discuteront par écrit devant lui. (Guyot, Répertoire de jurisprudence, 1, 506).
28 s THOURET
autorité ; les tribunaux s’empressèrent de se lapproprier. Ce fut un très beau succès. Le Journal de Normandie uimême crut devoir signaler « cette décision si digne de faire une époque mémorable dans notre jurisprudence ». Il fit de Thouret l'éloge le plus flatteur. « Le mérite de ces savants écrits ajouterait encore au droit qu'a M. Thouret à la célébrité dont il jouit, si les lumineuses conceptions qu’il déploie dans la défense de ses causes ; si sa logique, toujours sûre et irrésistible, parce qu’elle procède d’un esprit juste et d’un sentiment vrai; si cette éloquence des choses qui s’empare des cœurs en subjuguant la raison, si enfin sa profonde doctrine pouvait lui laisser quelque chose à désirer du côté de la gloire et de la confiance publique, etc.* ».
Ainsi Thouret, au mois d'août 1787, avait acquis parmi ses compatriotes la réputation d’un grand avocat *. Agé de quarante et un ans, il était alors en pleine possession de son talent, admiré des uns, envié des autres. On aimerait à connaître l’homme privé, ses habitudes et ses goûts, mais nous sommes réduits sur ce point à des renselgnements assez vagues. Îl habitait, au moins depuis 1778, un logement situé dans les bâtiments mêmes de l'Hôtel de Ville. IL y menait une vie régulière et digne, tout aux siens, à ses clients, à ses amis et à ses livres. Marié en 1781 à M°"° Quillebeuf*, de Rouen, il en ävait eu un fils, Guil-
À, Journal de. Normandie, 18 août 1781.
2. Lacretelle le cite à côté des plus célèbres avocats parisiens. « Lesavocats, fortement unis entre eux, par la discipline presque républicaine qu'ils s'étaient donnée, et qui formait une sévère garantie de l’honneur, étaient regardés comme de judicieux arbitres des familles. Les plus beaux titres donnés par la fortune semblaient à peine un équivalent de la réputation qu’obtenaient alors l’éloquent Gerbier, Target, Tronchet, Thouret et Portalis. » (Histoire de France NI, p.107.)
3. « Personnes vivant noblement ».…. Thouret, cour de ville (Tableau de Rouen, 1778). Sur son domicile, voir l'Appendice.
4. Dispense de bans pour contracter mariage à Jacques-Guillaume Thouret, de la paroisse Notre-Dame de la Ronde, et à Marie-Rose-Pélagie Quillebeuf, de Saint-Martin sur Renelle de Rouen, 3 septembre 1781. (Arch. Seine-Inférieure, G. 6205.)
laume-François-Antoine, né Le 16 juin 1782'. « Bon mari, bon père, ses mœurs étaient d’une pureté rare; il est impossible de lui reprocher un oubli, une faiblesse ?. » Peu expansif, il n'avait qu'un petit nombre d'amis. Son nom ne figure pas sur les registres de la docte Académie de Rouen, où brillait son confrère Bayeux*, Il n’était pas davantage affilié à la franc-maçonnerie‘ qui comptait à Rouen un nombre respectable de loges“. Tout porte à croire qu'il remplissait ponctuellement ses obligations envers le corps dont il faisait partie, assistant aux assem-
1. Elevéavec soin par son père, qui rédigea pour lui des ouvrages élémentaires et s'occupa de son instruction jusque dans sa prison (voir la Bibliographie et le chapitre xvr), puis par son oncle, le directeur de l’École de santé, le jeune Thouret se fit recevoir avocat dès l'ouverture des écoles de droit. Après de fortes études, il plaida avec succès devant la Cour de cassation. L'Empire le nomma substitut au tribunal de première instance de la Seine (1810) : la seconde Restauration le raya des cadres de la magistrature. Esprit curieux, passionné pour la bibliographie, il avait amassé une quantité considérable de notes qui furent données par son cousin, M. de Verton, à la ville de Paris. Plusieurs articles de lui parurent dans l’Encyclopédie de Courtin. ;
La révolution de 1830 le rappela à la vie politique. Élu dans l’arrondissement de Pont-l'Evêque contre M. Guizat (1831), il prononça un discours contre l'hérédité de la pairie. Il mourut du choléra lé 5 juillet 4832, à l’âge de cinquante ans. :
C'est lui qui édita l’Abrégé des révolutions de l’ancien gouvernement français ainsi que les Tableaux chronologiques de l'hisloire ancienne et moderne, comme il a été dit plus haut.
A consulter sur ce personnage un article de la Biographie nouvelle des contemporains (1825) et un autre, très curieux, de Quérard. — Son portraitse trouve à Rouen (collection Baratte.