Mouard, p
3. Académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Rouen. Au nombre des académiciens titulaires était son beau-frère, M. Laumonier, RE en chef de l'Hôtel-Dieu: au nombre des associés titulaires son frère, M. Thouret, docteur-régent de la Société de médecine de Paris.
4. Cf. de Loucelles. Histoire de la Franc-Maçonnerie en. Normandie ere 1739 jusqu'en 1875. Dieppe, 1875.
. C'étaient les suivantes : grande et sublime loge Écossaise1750, l’Arit Amitié 4765, l'Unité 14765, la Parfaite Harmonie 1768, la Cé este Amitié 1717, la Parfaite Union 1778, les Bons Amis 1779, la Paix Écossaise 1784, la Parfaite Égalité 4785. — Camus de Pontcarré, premier président au Parlement, appartenait à la Parfaite Union.
6. Sur la vie intérieure du collège des avocats, voir Decorde : Les avocats, au Parlement de Normandie, on on 1872. Cet ouvrage contient aussi une liste intéressante des-avocats au Parlement, de 1700 à 1789.
blées mensuelles‘, à l’assemblée générale et au banquet annuel de la Saint-Nicolas. S'il ne fut pas syndic du Collège, c’est qu’il lui manqua les vingt ans nécessaires pour être parmi les anciens. Il n'en reçut pas moins en 1788 un hommage public de la part de l’ordre; quelques mois plus tard, il rédigeait avec d’autres commissaires le fameux Mémoire des avocats du Parlement de Normandie au Roi *.
Était-il intéressé? Ses ennemis auraient voulu le faire croire. Un méchant pamphlet royaliste, non signé, s’exprime ainsi : « Son cabinet était un vrai trébuchet; la justice en était bannie; le seul or ouvrait la porte de la caverne * ». Mouard, au contraire, vante sa parfaite délicatesse en affaires *. Nous savons exactement à quel taux s’élevaient quelques-uns de ses honoraires : 150 livres pour avoir plaidé pour le chapitre contre le curé de Saint- Étienne, une autre fois #8 divres” ; pour des avis ou consultations, 12 livres 6 sous et même 3 livres 6 sous . Ses appointements fixes étaient-ils plus considérables? A PHôtel-Dieu 1l touchait 75 livres par an°, à l'Hôpital général, 6 pains de sucre de 2 livres chacun”. Encore le malheur des temps fit-1l qu’on les lui supprima (décembre 1790), Les simples particuliers étaient sans doute plus généreux, car en cette même année 1787 il possédait 7.000 livres de revenus en biens fonciers, fermés ou maisons, plus un fonds de 120.000 livres en intérèts et papiers de commerce, « fonds destiné à s’accroître par des succes-
. Chacun des membres présents recevait en guise de jeton deux citrons. . Mémoire analysé plus loin.
. Adresse aux Normands par un normand. Lb. 39/4135. . Mouard, p. 27.
. Archives Seine-[nférieure, G 2262.
. Renseignement fourni par M. de Beaurepaire.
. Hue. Hisloire de l'Hôpital Général, 1903, d’après les registres plumitifs des délibérations de la commission administrative.
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sions prochaines » !
. [n'était cependant taxé qu'à 36 livres de capitation ?.
Si absorbé que fût Thouret par les devoirs de sa profession, 1l n’était pas de ces avocats dont l'horizon 's’arrètait aux limites de la province, voire aux grilles du Palais de justice. Les codes et leurs commentateurs, les savants traités de Basnage,-de Brussel, de Loyseau, äe Cujas, de Dumoulin, de Potier même ne suffisaient pas aux besoins de son intelligence. Il était, par le cœur et par l'esprit, ‘un homme de cette génération dont le bréviaire fut l’Encyclopédie. Nous ne pouvons ici que faire des conjectures, mais il est permis d'affirmer qu'il avait lu et analysé tous les écrivains politiques qui semaient des idées nouvelles. Parvenu à l’âge d’homimne avec le ministère Maupeou, le spectacle de ces seize années Pavait édifié sur Pincohérence et la faiblesse du gouvernement, de mème que la pratique du Palais l'avait édifié sur les vices sans nombre de la juslice civile et criminelle. Partisan de la séparation des pouvoirs, il rêvait d’un État où le monarque régnerait en vertu des lois, où les privilèges des corps feraient place aux droits des individus. Mably, loracle de son temps, lui montrait dans Charlemagne le modèle (illusoire il est vrai) du souverain constitutionnel”. La réforme des abus pourrait, semblait-il, s’opérer sans secousse, par la volonté de ministres éclairés, serviteurs d’un Roi bienfaisant. Quant à lui, si l’on faisait appel à ses lumières, il ne croirait pas devoir se dérober : il avait conscience de sa valeur et il était ambitieux *. | |
L'occasion s’offrit d'elle-même. Au mois de juin 1787 paraissait l’édit qui eréait les Assemblées provinciales.
1. Nous résumons ici les renseignements très détaillés fournis par Thouret à son frère qui devait les communiquer au premier commis des finances. {Archives Nationales, À 1598.) (Voir l’'Appendice.)
2. Archives Seine-inférieure, C 391. 3. Observations sur l'histoire de France, 1765 el 1788. 4. Mouard en convient (p. 25).
Thouret, poussé, paraît-il, par M. Gueudry ', son voisin de campagne, consentit à solliciter la place de procureursyndic?. Son frère, médecin à Paris, fit les démarches utiles, rendit visite à M. Desgardes, premier commis des finances ; Thouret fut agréé *. Le même article du Journal de Normandie qui célébrait son triomphe au Palais, se terminait par ces lignes : « Qui, mieux ‘que M. Thouret, pourrait éclairer l'autorité... et lui prêter les secours de cet esprit d'ordre, de cette sagesse de vues, de ce tact si sûr, si indispensable pour tout ce qui concerne l’administration ? »
Si l’on songe que le journal était rédigé sous les yeux mêmes de l’intendant, il faut voir dans ces flatteuses avances le compliment officiel de bienvenue à un collaborateur. On compte évidemment sur lui pour mener à bien cel essai d’une institution nouvelle. À partir de ce jour, Thouret n’appartient plus que de nom au barreau. C’est à des fonctions administratives qu’il va consacrer son temps, ses forces et son talent.
4. C’est ce qui résulte d’une lettre écrite par le médecin Thouret à M. Desgardes, premier commis au département des finances. (Arch. Nat. H. 1598.) — M. Gueudry était procureur en la Chambre des comptes. Il sera plus tard administrateur du département (1790), conseiller général de la Seine-Inférieure (4800). ’ is
2. « Mon frère me charge en même temps... de vous dire que, depuis que M. Gueudryÿ, notre ami commun, l’a déterminé à penser à cette place, il regarde comme un service essentiel votre bonne volonté pour lui, dont il vous aura une éternelle reconnaissance, » (Lettre de Thouret, le médecin, à M. Desgardes. Arch. Nat., H. 1598.)
3. D'après les règlements, l'élection officielle du procureur-syndic n'avait lieu qu’au mois d'août. Thouret était donc désigné d'avance, in pello.