I. LesÉlats prooinciatix. — La Normandie, pays de géné
1. 11 fut nommé le 21 Juin (et non le 4) en remplacement do M* iansse. (Archives municipales : Journaux du 21 juin 1787.) Déjà il avait plaidé pour la ville, par exemple contre le marquis d'Estampes {ibidem, i7août!i775).
ralité, avait eu longtemps, comme le Languedoc ou la Bretagne, ses États particuliers où les députés des trois ordres votaient le subside annuel ^ La royauté avait cessé de les convoquer depuis 1637. Mais le Parlement, gardien des droits et privilèges de la province, et spécialement de la charte normande, ne s'était jamais consolé de leur disparition. Il les redemandait en 1739, en 1778 et plus tard encore, quand furent créées les Assemblées provinciales. On se souvient des .clauses conservatoires qu'il inséra lors de leur enregistrement*. Dès lors, ses réclamations se produisent avec une véritable obsession ^ Ennemi déclaré des Assemblées provinciales, « ces tristes filles du despotisme ministériel* », c'est pour leur nuire qu'il évoquait le souvenir, cher au patriotisme locale de ces antiques assemblées, véritable représentation des trois ordres de la province. De même que le Parlement de Paris déclarait que les États généraux étaient seuls compétents pour voter de nouveaux impôts, celui de Rouen se retranchait derrière les États provinciaux. Ses remontrances, il est vrai, étaient restées sans effet : le coup d'État de mai 1788 avait brisé sa résistance. Or, pendant qu'il se dépensait en protestations furieuses, le Dauphiné, placé dans des conditions analogues à celles de la Normandie, convoquait par un acte insurrectionnel ses États particuliers et refusait tout paiement d'impôts que les États généraux n'auraient pas consenti. Les arrêtés de Vizille eurent un énorme retentissement par toute la France*. En Normandie, on fut surtout frappé par le spectacle d'une province qui restaurait d'elle-même les
1. Cf. De la FoY. De la constitution du duché ou état souverain de Normandi$y i789.