De la Constitution normandey p. 341, en note
Thouret qui fit assembler « soudainement et à Timproviste par ses aifnis lo collège des avocats du Parlementa Soixante-sept étaient présents, vingt voulaient délibérer, quarante-sept passèrent outre. Sur la proposition de deux membres, il fut convenu qu'une commission de sept avocats rédigerait un mémoire ; le rédacteur en fut Thouret*.
L'ordre des avocats adhère au vœu de la commune de Rouen et en reproduit les conclusions; Ses arguments méritent d'être cités : la nation consiste dans l'agrégation de tous les citoyens jouissant des droits civils. Si elle pouvait être assemblée, « la force et l'influence seraient assurées, pour une moitié contre un, à cette classe de la nation qui forme presque toute la nation, et qu on ne peut pas, contre l'évidence de la chose, réduire à n'être qu'une troisièn^ partie ».
Or, il est impossible de la rassembler ; une représentation est nécessaire ; elle devrait être logiquement proportionnelle au nombre, mais le tiers consent à ne pas exercer son droit dans toute sa plénitude. « Satisfait de la justice qu'il croit lui suffire, il montre sa modération en tempérant la rigueur absolue de ses droits par là déférence qu'il peut conserver sans se nuire pour l'antique distinction des trois ordres. » Cette dernière est certainement abusive, mais le tiers état ne demande que l'égalité des suffrages.
Le rédacteur s'attache à montrer les inconvénients et l'injustice de la délibération par ordre où la minorité peut faire la loi à la majorité, où Ton a trois assemblées au lieu d'une. Le veto de chaque ordre ne serait qu'un remède inefficace ; ce serait en tout cas un obstacle à l'intérêt général.
Le mémoire se termi)ie par des conclusions identiques à