Arûh. nat., AD
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La municipalité avait désigné deux des siens, Delespine et Le Gouteulx, pour porter le mémoire « aux pieds ' du trône » . Le premier écrivait (3 décembre) : « J'ai appris que le mémoire de Rouen fait sensation à Paris. On le trouve très sagement écrit, et il est demandé. )> Le maire, du Bosc de Kadepont, député à l'Assemblée des notables, ajoutait de son côté (9 décembre), que « le mémoire avait fait déjà beaucoup de sensation dans ce pays-ci \ rapport à une lecture qui en avait été faite à Pari&dans une assemblée publique ». Mais le succès fut moindre dans les hautes sphères, Necker n'osa se prononcer : l'entrevue qu'il accorda aux délégués fut courte et insignifiante*. Barentin, le garde des sceaux, promit seulement de mettre le mémoire sous les yeux du Roi, et Louis XVï fit savoir qu'il refusait de recevoir aucune députation (12 décembre). Le môme jour, l'Assemblée des notables était close.
Quel fut le sort de ces innombrables pétitions? Elles n'avaient modifié en rien le vote des notables qui, dans tous le» bureaux sauf un, celui de Monsieur, s'étaient prononcés pour la forme traditionnelle des Ëtats généraux'. Elles ne furent cepené«at pa& inutiles, puisque dans son fameux rapport au Roi, où il pesait Fe pmnrel fe cmÊitÊm, Nsekâr invoquait en faveur de la double représentation du tiers, ce enQn et par-dessus tout les adresses sans nombre des villes et des communes du royaume* ». Au contraire, les princes du sang, dans leur mémoire collectif, avaient blftmé « ce système d'insubordination raisonnée qui émane des provinces, des villes, des corps, cette effervescence universelle qui assure des lecteurs et des sectateurs aux propositions les plus hardies, cette témérité d'audacieux ignorants réclamant l'égalité des ordres », etc.