Cf. Essai d*un cahier de pouvoirs
5. Le sixième, à la séance du 17 mai. (Arch. nat.. G 27.) Suivant un petit écrit anonyme, Thouret aurait dit alors à quelques députés de la noblesse : « Messieurs, n'hésitez pjas & vous réunir à nous... Il y a dans notre ordre des U^tes exaltées ; mais il y a aussi des tôtes froides et même en grand nombre : les députés du clergé et de la noblesse, en s'accOrdant avec ces derniers, les rendront prépondérants ; nous deviendrons les plus lorts et le parti raisonnable l'emportera. (Questions sur Vétat de la France, 1790.)
6. Correspondance de Bretagne (20 mai). « L'antagoniste le plus acharné
On sait ce que furent ces conférences contradictoires, vaines et pédantesques dissertations où aux justes réclamations du tiers les nobles ne trouvaient à objecter que des précédents historiques, remontant au besoin jusqu'au XIV* siècle. ThoUret eut pour sa part à argumenter contre d'Antraigues au sujet de ce qui s'était passé auxËtats généraux de 1355 ! Il montrait que, les députés représentant des intérêts nationaux, c'était à la nation entière d'en connaître les titi^^es; il ajoutait que^si la division. des chambres était utile pour conserver une forme de constitution établie, elle ne pouvait être que très nuisible lorsqu'il s'agissait de réformer*.
Les conférences avec la noblesse furent rompues presque aussitôt (26 mai), et le tiers se tournait vers le clergé quand survint une lettre du Roi invitant les commissaires des trois ordres à reprendre leurs conférences en présence du garde des sceaux et d'autres commissaires royaux (28 mai). Accepterait-on les propositions du Roi? L'Assemblée était très hésitante. Thouret se prononça avec force pour l'affirmative ' (30 mai). La reprise des conférences fut votée, et Thouret figura de nouveau dans la commission: toutefois, son rôle y fut, à ce qu'il semble, assez effacé '.
Irrité de l'intransigeance de la noblesse qui avait vérifié ses pouvoirs séparément et s'était déclarée constituée, le tiers avait décidé, malgré une petite minorité dont Thoure), faisait partie, de n'examiner le plan de conciliation
contre lai (Mirabeau) et qui ne cesse de le combattre avec l'avantage le plus décidé, est M. de la Thouret {sic), avocat au Parlement de Rouen. »
i. Analyse des séances du 23 et du 15 mai dans le Point du jour. Le procès-verbal officiel ne donne pas le nom des interlocuteurs.
t. Journal manuscrit des États généraux (Ârch. nat., G 26): Duquesnoy, I. S2.
3. Procès-verbal des confé^'ences tenues conformément au désir du Roi entre MM. les commissaires des trois ordres (Ârch. nat., C 28). Les Notes pour le pracès-verbal (G, 27) indiquent en marge les noms de ceux qui prirent part à la discussion. Target et Habaut y sont fréquemment cités : il n'est pas fait mention de Thouret. Seul le Point du jour lui consacre quelques lignes à propos de la quatrième coniérence (6 Juin).
de Necker qu'après la clôture des conférences*. Il préféra écrire immédiatement au Roi une lettre qu'une députation irait lui porter. Thouret futTun des quatre adjoints nommés pour la rédiger et Tun des vingt et un membres chargés de la présenter au Roi*. On y remarquait (était-elle de lui?) une phrase assez vive contre les ordres privilégiés : « Sire, vos Gdëles communes n'oublieront jamais ce qu'elles doivent à leur Roi; jamais elles n'oublieront cette alliance naturelle du trône et du peuple contre les diverses aristocraties dont le pouvoir ne saurait s'établir que sur la ruine de l'autorité royale et de la félicité publique »^
Le 9 juin les conférences étaient closes. La noblesse se refusait, sous des prétextes futiles, à signer le procesverbal. La scission, tant redoutée de Thouret, était conson^mée.
Les événements qui suivent sont bien connus : l'initiative hardie de Sieyès, sommant la noblesse et le clergé de se réunir au tiers état dans une heure en Assemblée nationale; Tappel des bailliages et la vériOcation des pouvoirs. Le tiers était désormais constitué en Assemblée; il restait à lui donner un nom. Mounier proposa aux députés de s'intituler « représentants de la plus grande partie de la nation, délibérant en cette qualité sur l'intérêt public en l'absence des représentants de la moindre partie ». Thouret se rangea à son opinion*. Il attaqua deux puissants adversaires, Mirabeau et Sieyës. La dénoiçinatton « de représentants du peuple français lui semblait vicieuse, trop étroite si elle correspondait au mot latin plebs^ trop large si elle signifiait populus w"^. Contre celle de Sieyès, « seuls représentants de la nation française, légalement