Le Hodev, loco cilaio
jamais à Thouret et ne cessa de la lui reprocher comme une sorte de désertion. A Ten croire, cet homme pusillanime aurait cédé surtout à la peur.' Qu'il y ait eu des manifestations violentes lors de son élection, il est difficile de le nier, mais, remarquons-le, celle-ci ne fut contiue que le l*"" août, assez tard dans la soirée. Il était absent; c'est à son retour qu'il rédigea immédiatement sa démission. Il pe fut donc pas intimidé par les lettres anonymes et les menaces de mort, si toutefois il en reçut ^ Le motif de son acte est tout autre : le très faible écart de voix qui le séparait de Sieyës lui montrait que la plus grande partie de ses électeurs appartenait aux deux ordres privilégiés qui s'étaient flattés de le gagner à leur cause et de prendre ainsi une sorte de revanche de la journée du 16 juin. Il ne voulut pas leur donner cette illusion et préféra se dégager d'un patronage compromettant. Son prestige put en souffrir, mais sa dignité resta intacte.
Au moment même où il se voyait écarté des comités par un véritable ostracisme, Thouret faisait paraître deux brochures intitulées, Tune : Projetât déclaration des droits de fliomme en société^, Tautre : Analyse des idées princi" pales sur la reconnaissance des droits de l'homme en société et sur les bases de la Constitution^.
Voici dans quelles circonstances elles furent rédigées : rAssemblée avait décidé de placer en tête de la Constitution une Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Lafayette avait, le premier, donné la sienne. Sieyès vint ensuite avec sa Reconnuissance et exposition raisoniiée des droits de l'homme et du^ citoyen. Le 27, l'Assemblée
i. Mouard le nie formellement (note 4), mais beaucoup de collègues do Thouret y croyaient. Le fait, en tous cas, n'est pas invraisemblable. A la lin d'août des lettres de menaces furent écrites du Palais Royal au président et aux secrétaires de l'Assemblée nationale. L*Âssemt)iée décida qu'il n'y avait pas Heu de délibérer. {Procès-verbal, 31 août 1789.)
2. Projet de déclaration des droits de l'homme en société, par M. Thouret, député de Rouen. Le 29/1958.