‹ La vie et l'œuvre d'un constituant: Thouret, 1746-1794Chapitre 144 sur 239 · Séance du 30 octobre · texte numérisé non relu

Séance du 30 octobre

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corps-là le droit de recevoir des propriétés. Mais que fait l'ouvrier quand son instrument n'est pas propre à l'ouvrage auquel il l'avait destiné ? il le brise, il le modifie : voilà la véritable image des corps dans la société. Il me parait clairement que M. Tabbé Maury a tourné autour du poinl central sans aller au but, et c'est là un abus de son talent oratoire * . »

La cause était entendue. Malgré une très habile défense de l'archevêque d'Aix, M. de Boisgelin, qui, pour sauvegarder le principe de la propriété, consentait à d'importants sacrifices, le dernier mot resta aux partisans de l'aliénation des biens ecclésiastiques. Le décret du 2 novembre, voté à une grosse majorité, déclara que « les biens ecclésiastiques étaient mis à la disposition de la nation * ». Mirabeau avait jugé opportun de ne pas conserver l'expression « la propriété » qui était dans sa motion primitive. Ce n'est pas tout à fait ce qu'avait demandé Thouret. Par cette équivoque la question de la propriété restait en suspens ^ Quant à l'aliénation des biens de la couronne, elle fut ajournée*.

Le clergé séculier, dont la propriété venait de subir un si rude assaut, continuait cependant à subsister, puisque l'entretien du culte public et le salaire de ses ministres étaient dévolus à l'État. En serait-il de, même du clergé régulier? On sait quelles étaient les idées de TAsacmblée au sujet des corps, de quelque nature qu'ils fussent. La logique des choses exigeait que l'Assemblée détruisît d'abord les ordres, puisque leurs membres n'existaient pas comme individus. Dès le 8 août le marquis de Lacoste

i. Ibidem. D'après le Point du Jour, III, 428 sq., et Le Hodey, V. 169-

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