Journal de Gouverneur Morris, 17 janvier
nouvelle combinaison ministérielle*. Son nom est enc<M-e prononcé dans des conférences tenues chez Condorcet en présence de Sieyès et de Mirabeau , peu de temps avant la mort de ce dernier. L'antipathie que lui portaient Sieyèrf et Condorcet le fît écarter*.
Quant à Mirabeau, rival d'influence de La Fayette et conseiller attilré de la cour, il avait à plusieurs reprises jelt» les yeux sur Thouiet*. Au mois de décembre i790, le ministre Montmorin l'avait assuré qu'il pouvait disposer de Thouret, de Chapelier, de l'éveque d'Autun*. Peu après les idées de Mirabeau se précisent : il veut agir sur TAssemblée au moyen de douze députés qui correspondront avec M. de Montmorin seul et ignoreront le nom de celui quia tramé cette intrigue : Thouret sera Tun des douze* Le député Duquesnoy, déjà gagné aux étranges combinaisons de Mirabeau, recommande de s'assurer du concours de Thouret « dont on pourrait tirer un parti immense dans telles questions données » (9 février 1791)*.
Que conclure de ce qui précède? C'est qu'au printemps de 1791, Thouret, bien qu'il n'ait donné aucun gage positif, est considéré comme un auxiliaire éventuel par ceux qui. effravés de la marche de la Révolution, se sont mis en têle de Tenrayer, en raffermissant par des moyens constitutionnels l'autorité royale. Il est douteux, toutefois, qu'à cette date il ait su quel rôle on voulait lui faire jouer. Mais il est circonvenu ; il est permis de pressentir déjà en lui le futur orateur de la Revision.
Mirabeau mourut sur ces entrefaites (2 avril I79t). Ceux
1. Correspondance diplomatique ^n baron de Stael-Holstein, 15 mai 1790.
2. Voir le passage des Mémoires de La Fayette, cité plus haut.
3. Note du 28 octobre 1789. [Correspondance de Mirabeau et de La Marck. 1.411.)