‹ La vie et l'œuvre d'un constituant: Thouret, 1746-1794Chapitre 190 sur 239 · Ihid,, III · texte numérisé non relu

Ihid,, III

qui étaient dans le secret de son intrigue essayèrent d'en renouer les fils. Son confident, le comte de La Mark, exprimait aussitôt le désir de voir Thouret. Mont morin, informé par Tabbé de Montesquiou, écrivait un court billet montrant toute l'importance qu'il attachait à leur entrevue (7 avril) ' . Le lendemain il insiste : « Avez-vous vu Thouret ? le verrez-vous * ? » Quelques jours plus tard, Montmorin annonce une conférence chez le garde des sceaux : on y discutera* le texte des discours que le Roi prononcera à l'Assemblée (au sujet de l'affaire du départ pour Saint- Cloud). 11 trouve bon d'en envoyer une copie à Thouret et de prendre son avis'. Ceci semble indiquer que l'entrevue souhaitée avait eu lieu. Mais remarquons-le : il n'est pas convié à la conférence ; il reste à Tarrière-plan (peut-être a-t-il refusé, par prudence, de s'engager autant qu'on le désirait). Cette portion de l'héritage de Mirabeau, la direction occulte du gouvernement (nous ne disons pas : de la cour), est passée à d'autres, aux Lameth. Conquête d'ailleurs plus précieuse que toute autre, car si Thouret avait des partisans, eux et leurs amis Duport et Barnave, naguère si puissants aux Jacobins, pouvaient passer pour des chefs de p^rti*.

S'il faut en croire Montlosier, la revision de la Constitution, dont Mirabeau avait eu la première idée, aurait été chose convenue dans l'entrevue que Montmorin eut avec Lameth peu après la mort de Mirabeau. « Dans cette revi- ^sion, dit-il, qui devait être principalement confiée à

i. Correspondance de Mirabeau et de La Marck, III, 115.

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