‹ La vie et l'œuvre d'un constituant: Thouret, 1746-1794Chapitre 219 sur 239 · Biographie nouvelle des contemporains, art. Thouret · texte numérisé non relu

Biographie nouvelle des contemporains, art. Thouret

THOURET MAGISTRRT. SON PROCBS. SA MORT 293

encore à toutes les mesures, si rigoureuses soient-elles, que la Convention a cru devoir prendre :

<cl® Je crois et je professe que la Constitution républicaine est, en principe, le plus naturel et le plus raisonnable des gouvernements et qu'elle est en résultats le seul mode d'organisation sociale qui assure complètemei|it l'égalité et la liberté.

2^ Je crois et je professe que toutes les mesures de rigueur que la Convention nationale a prises pour parvenir à cette Constitution et en assurer l'établissement sont "égitimes et pleinement justifiées, tant par la volonté du peuple français... que par la raison impérieuse du salut public qui sanctifie tout ce qu'elle inspire et nécessite.

Z"* Je crois et je professe qu'au point oii la Révolution s'est avancée, tout système de rétrogradation et spécialement celui du retour vers la Constitution de 1791, est un système faux, traître et liberticide... » Ces principes énoncés, il (Jéclarait professer les conséquences qui en dérivent « toutes, sans restriction et dans tous les cas ». Il invoquait en témoignage les sentiments républicains et la haine de la royauté qu'il avait inculqués à son fils : « L'éducation des enfants est la preuve la plus infaillible du patriotisme des pères. » Enfin, il s'indignait contre i< l'atroce imposture » d'une grande fortune, propagée par les aristocrates*.

On le voit : Thouret ne se bornait pas à faire un acte d'orthodoxie : il abjurait encore ses erreurs passées, c'est-àdire la Constitution de 1791, dont il était un des auteurs responsables. 11 est permis de penser que sa dignité ne lui imposait pas un désaveu aussi formel de sa conduite antérieure.

Une autre pièce, remise le même jour, sollicitait la levée des scellés mis sur ses papiers, parce qu'ils conte-

1. n proteste nommément contre cette calomnie : VacquiBition de la terre du Vandreuil, dont il a été question au début de ce chapitre.

à04 THOUAET

naient : i"* pl«i«^ieioiNB aiTaires dont ûéidÀi xapiportour ;3^ sa déclaration pour tt'eaiqprunt f«reé '.

FluâieuTti seoiaioes «e pa^aètneout. Sa iléieniioii se prolongeant, Thouret ûi pam^enir un Boeeoid anéuftoùre au u>AiAe couiiti^ '. Ce n'est plùBcelie lais um «Kp^imé de prineipm, m%i% tKie apcila^ie de aa «ccndiûte^ depui» 1789. Il avait, disait-il, dès celte épo(jue, désiré que la dévolution fût poussée a:ii8»i loin q.u'elle pou'^'ait VèU'e^ aftns la coniprometiUre. 8a ecwndAiite .avait iot^jours létt' à découvert. 11 rappelait W .cenups parlés au eiergé., à la ]iDble«ae, à la robe, H la cour, et^eurtoAit le décret qjii 4écilarait le itoi fonctionnaire public, il était déaimtér^fis/* : il avait en 1791 sollicité «ne place de juf^e, parée ifu'il pouvait <c aider à surveiller les prt*tiiier« DûouveH*eBt« de la .précieuse institution des j^irés ». 11 invoquait «Gsi adliésion, donnée le 22 septembre 1791 a la RévoLutioa réfNMsblicaine, «st enèore l'éducatioa données à sou lila., «péoiaileaient THistoire de France rt^tifiée sek>n les priAcipes de la Résolution. Il adjurait en tiennes éfntts le Coaaiié 4«^ le rendre k sa famille : « Ne su«p(^iidLex pa^ ^avantag-^ l'a^Hivité de aion dévouement à l'aciiev^iA^nt de la Réy<oUition '\ »

On a pu remarquer en quels ieniiies Tbawet paillait de réducatiof) de HOBfds. C'était, en «effet, la priuieipale consolation de Ha captivité : « Il prescrivit à œtf. eafa»t un ordre de travail invariable... et il charçea «a ieoiiiie et «on frère d'en «urveiller rigoureuseiaeut lobservaiion. 0« lui portait tou« les jottfs les iradiuctioiMs de son IjIs qu'il eorrio:eait avec le plus grrand «oin, et ^u'il refivo»yail accoinpagrnées de remarques sur U* véi'itable «eB« lît sur les beautés du leKt>e *. »

1. Copie djx Mémoire remis au Comité do sûreté générale le 44 frimaire: Xvch. nat. F7. 4775, (29.)

2. Mémoire pour J. G. Thouret, juge au tribunal de cassation {ibid) : U est da(é du 8 germinal, an II {t% mars 17tt). Nous le trooiscrivoas en entier à i'.Appendico.

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