‹ La vie et l'œuvre d'un constituant: Thouret, 1746-1794Chapitre 229 sur 239 · Gilbert Liendon · texte numérisé non relu

Gilbert Liendon

ô. Procès-verbal de la séance du tribunal révolutionnaire (W 331).

6. Signification au concierge du jugement qui condamne à mort. Procèsverbal d'exécution et de mort (W 527).

corps du sttp^licîé fut inhumé^ suivant l'usage, au cimetière de ià Mad-eleine * (3 floréal an II, 22 avril 1794). i - Ainsi îmôùrùt, frappé 'pour des complots imaginaires, 'un des hofnmes qui avaient été Fhonneiu' de rAs»semblëe nationa;le. Est-ce Fouquier-Tinville seul qu'il faut rendre responsable de ce crime judiciaire ? Il ne fit, en cette -circonâtance^ que son métier de pourvoyeur de la guillotine*. Est-ce les jurés qu'il fascinait de sa ; rhétorique boursouflée î et meurtrière ? Ils étaient choisis, non pour juger, mais pour-condarhher. Les membres des Comité» de Sûreté générale et de Salut public savaient, eux, ce qu'il» faisaient, ^eri ordonnant ia mise en jugement. Parmi eux, il en fest un dont la. signature manque, mais dont la complicité -nous paraît -certaine : c'est Robespierre. Le même personnage qui, sans se découvrir, venait d'arracher à la Convention la tête de Danton, était bien capable de désigner comme Dantonistes ceux dont il désirait la mort. L'acte d'accusation fait à peine état de la conspiration des prisons \ Le grand crime de Thouret, c'est le rôle qu'il i a

jou^ en 1791 *-.ThQuret avait été Fadversaû'e de Robespierre lors des débats sur la révision. C'était assez' p^m* que le" maître de la Convention songeât à vengèj: . leîSj injures dû >d*épitité à la Constituante \ t.jj •

1 . (Desclpàeaù^) : liiàte . dés p^rsoni\es ,qui ont péri par jugement du tribunal révolutionnaire depuis^ tè 25 août 1792 jîisqu'au 13 ^Min, 2o prairjql an II, et dont les corps ont été inhumés dans l'ancien cimetière de la Madeleine. Bibl. nat. Lb 4i/i696. Thouret, flgui-e sous le n» 670.

2. Fouquier-Tinville, dans son mémoire imprimé, dit que les listes des prévenus des conspirations du Luxembourg, des Carmes, de Lazare lui ont été remises dans le lieu dos délibérations du Comité de Salut public. (Saladin): Rapport au nom de la Commission des âl, Bibl. nat. Le 38/1259. Cf. Réponse des membres de V ancien Comité de Salut vublic. Bibl. nat. Le 38/1260.

3. La phrase ({ui la mentionne semble mt^me avoir été ajoutée après coup.

4. « 11 fat bientôt convenu qu'il y aurait en Révolution quatre qualités qu'on ne pardonnerait pas : celles de riche, de noble, prêtre et constituant (déposition de Ducray, conseil public, cinquante-neuvième témoin au procès do Fouquier-Tinville, citée par Wallon, i/i^^oircrfu Tribunal révolutionnaire, l 287).

5. Louis Blanc dit de Robespierre: 11 aurait aussi voulu sauver Thouret,

Thouret n'avait que quarante-sept ans*. Il méritait une autre destinée. Que serait-il devenu^ s'il avait survécu à la Terreur ? Serait-il demeuré en Tan VIH le ferme républicain qu'il était en l'an II ? Ou bien, comme tant d'autres constituants^ comme Sieyès et Talleyrand, se aerait-il rallié à l'homme qui, le 19 brumaire, prétendait terminer la Révolution en la fixant à ses premiers principes? Recherché par le premier Consul, il eût occupé avec une égale compétence une place au Conseil d'État ou & la Cour de cassation, et cette place eût été la première. Avec quelle joie il eût pris part aux délibérations d'où sortit le Code civil ' ! Comblé d'honneurs et de dignités, il fût devenu, comme Merlin de Douai, le terrible rapporteur de la loi des suspects, grand officier de la Légion d'honneur, sénateur, comte de l'Empire : mieux vaut encore v pour sa mémoire l'auréole d'une fin tragique, place de fti Révolution.

si l'on en juge par le l&ngage qae celui-ci tenait dans la prison du Luxembourg, où il faisait continuellement Téloge de Robespierre et le désignait comme l'homme qui devait mettre un terme à la Terreur (d'après Beaulieu). Nous avouons ne pas 'comprendre ce raisonnement.

i. Il ne lui manquait plus que huit jours pour achever sa quarantehuitième année.

È. Un projet de code de procédure civile» datant de 1792, dft & Thoorel» fut imprimé en 1801 et distribué aux membres chargés de rédiger Ke code judiciaire et aux conseillers d'Etat composant la section de législation. (Mouard, note II, cf. Biographie nouvelle). Il parut chez Rondonnoau (38 p. in-B«'s. d.)

UXtRiUT DES REGISTRES DES BAPTÊMES DE LA PAROISSE DK SAINT-MICHEL DE PONT-L*ÉVÊ0dE

Baptême de Jacques-Guillaume Thouret.

Un filnné du jour d'hier du légitime mariage de Guillaume Thou« ret^ clerc de M® Hébert, avocat en cette ville, et de Marie Sainte Domain, son épouse^ de cette ville, a été baptisé par nous, prêtre, vicairedeSaint-Michel de Pont-l'Évèque soussigné^ ce jourd*hui premier jour de mai mil sept cent quarante-six, son parrain Jacques d*AIençon^ sellier en cette ville, et sa marraine Renée Guillemette, veuve de Gabriel Lefesvre, de la paroisse de Tourgéville, qui ont donné aud. enfant les noms de Jacques-Guillaume, lesquels ledit parrain a signé et ladite marraine a déclaré ne pas savoir signer.

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