Mouard, p
LES ORIGINES. ANNÉES DE JEUNESSE ET d'ÊTUDES 5
lieux*». Mais prenons garde d'exagérer : si Thouret s'était contenté des qualités moyennes dont l'intendant fait honneur à ses compatriotes, il n'eût pas occupé une si grande place dans l'histoire de la Constituante. Personne ne fut plus détaché du préjugé provincial, et ce Normand n'hésita pas, quand il le fallait, à payer de sa personne et mt*me à se compromettre sans retour*. D'autres fois, il est vrai, il parut hésiter, s'écarter môme de la ligne de conduite politique qu'il avait suivie. Ceux dont il avait déçu les espérances ne lui pardonnèrent pas, aussi bien à droite qu'à gauche, et, pour se venger, ils se mirent à Tappeler « l'avocat normand ' ». C'était, pensaient-ils, une ilétrissure...
Si la part de Thérédité dans la formation du caractère et du talent de Thouret demeure après tout conjecturale, il faut reconnaître qu'il dut beaucoup à ses dons naturels et a la direction éclairée qu'il reçut ,de son père. Maître Guillaume Thouret, notaire irréprocliable, fut un excellent père de famille. Dans sa maison du faubourg Nival grandissaient, à côté de Jacques-Guillaume, ses deux frères, Michel-Augustin *, futur directeur de l'École de médecine de Paris, François % le futur ingénieur, et leur sœur