LES ORIGINES. ANNÉES DE JEUNESSE ET D ÉTUDES
en un mot tout ce qui compose le droit français *. » C'est un avocat de Paris qui s'exprime ainsi, mais un Normand, Houard*, répète à peu près les mêmes choses, en ajoutant : (( Que l'avocat soit universel : il doit l'être, mais cette universalité offre un cercle dont l'étude de la loi est le centre auquel toutes les autres études, comme des points, doivent aboutir ».
Thouret s'est-il conformé à ce programme dont l'ampleur ferait aujourd'hui sourire ? Il lut sans doute beaucoup, mais avec méthode, et s'il acquit un vaste savoir, il n'en fut pas écrasé. Il dédaigna le fatras de la jurisprudence et resta un esprit ordonné, logique et analytique.
Un jour, l'occasion s'offrit à lui de se produire sur un plus grand théâtre : il vint à Rouen soutenir la cause d'un de ses clients, « cause majeure en matière bénéficiale ' ». II étonna. On admira l'étendue de ses connaissances, la profondeur de ses idées, la force de sa dialectique, un art infini dans l'ordonnance de son discours, dans sa manière de discuter. Bref, il montra tant de savoir, un talent si supérieur que cette première, cette seule plaidoirie le mit à la tête du barreau de Rouen*. » Il consentit à se fixer dans cette ville; il devait y rester dix-sept ans.