‹ La vie et l'œuvre d'un constituant: Thouret, 1746-1794Chapitre 50 sur 239 · AU BARREAU DE ROUEN · texte numérisé non relu

AU BARREAU DE ROUEN

Le nouveau Conseil supérieur venait de se constituer, non sans difficultés. Comparé à Fancienne Gour^ il manquait de prestige avec ses quatorze conseillers, son premier président qui, exemple curieux de la confusion des pouvoirs, n'était autre que l'intendant lui-même, Thiroux de Crosne. La popularité allait aux magistrats exilés dans leurs terres. Quant aux nouveaux venus, l'opinion publique leur était franchement hostile. On les raillait dans des pamphlets plus - méchants que spirituels % et les corps constitués leur prodiguaient les avanies. Le barreau, plutôt que d'entrer en rapports avec eux, se condamnait au silence. Seuls quelques avocats, bravant la' réprobation de leur ordre, acceptèrent de plaider devant un tribunal mis à l'index^. On les flétrissait du nom d'avocats <c déshonorés ».

Or, en février 1772, leur petite troupe s'augmenta d'une nouvelle recrue. C'était Thouret, venu, comme nous l'avons vu ^, de Pont-l'Évêque pour plaider la cause d'un de ses clients. Il réussit très vite. Libre de toute attache

1. Voir par exemple \e^ Étrennes supérieures y Lb 38/1271, et le Supplément aux Étrennes supérieures^ Lb 38/1 â7â.

â. Voir la Lettre des habitants de Rouen au corps des avocats restés fidèles aux lois et à la province (Lb 38/1288), suivie du « détail de la conduite tenue depuis la Saint-Martin 1771 par les avocats du Conseil Supérieur et par le corps dont ils se sont détachés.

3. Voir plus haut. C'est le 28 février 1772 que Thourot fut présenté au serment par M« Jamet. On verra bientôt pourquoi il ne fut inscrit sur la matricule qu'on 1773, après le retour du Parlement. (Registres secrets du Conseil supérieur, Arch. départ. Seine-Inférieure.)

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