La vie et l'œuvre de Jean Bologne
ANS l'automne de 1SS4, «"^ mission historique que le gouvernement français m'avait fait l'honneur de me confier^ in avait appelé a Florence"-. Les portes de /'Archivio di Smto m'avaient été ouvertes avec une bonne grâce que je ne saurais oublier.
Pendant trois mois j'ai été l'hote privilégié de l'éniinent surintendant Donaini et de ses savants collaborateurs Passcrini et Guasli\
Or, à une petite table voisine de la mienne, chaque jour, de dix heures à trois heures., venait s'asseoir un lecteur assidu, un seul : c'était un Français^ c'était M . Foucques de VagnonviUe.
Enfant de Douai, possesseur d'une belle fortune, devenu par goût presque Florentin, il avait conçu la pensée de consacrer sa vie à élever un monument à la mémoire de Jean Bologne^ le grand artiste Douaisien. C'est dans ce dessein qu'il interrogeait les archives de la cité oii l'illustre sculpteur avait vécu, et où il repose au milieu des chej's-d' œuvre dont il l'a enrichie.
Mes fonctions universitaires d'alors m'avaient fait Bourguignon, et j'étais loin de prévoir que devenu Flamand, je serais un jour l'exécuteur du vœu le plus cher de l'homme généreux que f avais vu à l'œuvre il y a vingt-trois ans.
Ce vœu patriotique, qui a pour objet de rendre un tardif hommage à l'un des
1. J'é'ais chargé, avec le concours du savant et regretté Canestrini, de préparer la publication de l'ouvrage qui a pour litre : Nëgoci.iiiojis diplomatiques de la France avec la Toscane. Cet ouvrage, qui fait partie de la collection des documents inédits, publiée par le ministère, se compose de 5 volumes in-4°. 11 est aujourd'hui terminé.
2. « Qui n'a pas vu les archives florentines, dit M. Foucques dans une de ses notes, ne peut se faire mér.is une faible idée des richesses historiques qu'elles renferment. » Mon témoignage confirme absolument celui de M. Foucques. Quand on a parcouru et consulté les archives, on se convainc que, si la Toscane est devenue un petit État, Florence a été un grand pays.