PREFACE
ylus grands artistes que la Flandre ait produits, il me sera facile de l'accomplir : je 11 ai qu'à mettre à profit les innombrables renseignements que notre regretté compatriote a puisés^ avec une patience de Bénédictin, dans les documents, pour la plupart inédits, qu'il a consultés, et à tirer le meilleur parti possible des notes et des indications qu'il nous a léguées.
« Jean Bologne, dit-il, brille au premier rang dans la pléiade des célèbres sculpteurs Italiens. Seul il fut l'habile successeur de Michel-Ange, le digne héritier de son génie, et le dernier maître éminent du xvi' siècle. Sa supériorité sur ses contemporains est incontestée ; après Un commence la décadence. Le Bernin et ses imitateurs s'écarteront de plus en plus des grands modèles que leur avait laissés la glorieuse école de la Renaissance.
« Faire connaître les œuvres du statuaire Douaisien, c'est faire connaître une grande partie des monuments de la Toscane au wf siècle, car les fontaines^ les groupes, les statues équestres, les bronr^es que l'on admire dans ce bienheureux pays, sont dus en grand nombre a la main ou à l'inspiration de notre artiste. »
Noire travail serait incomplet et presque stérile si nous nous bornions à décrire. Grâce a de nombreuses planches, il sera possible de faire, pour ainsi dire, circuler les amis des arts autour de chaque monument, de chaque statue. C'est ainsi que notre étude sera instructive et présentera un sérieu.x intérêt.
Notre essai comprendra deux parties et un appendice.
La première partie sera consacrée à la vie de Jean Bologne.
La seconde, à la description et à l'examen de son œuvre.
Dans l'appendice, nous publierons les documents originaux les plus curieux.
En écrivant ces pages, fobéis à deux sentiments : je voudrais contribuer à acquitter la dette de reconnaissance contractée par notre chère et noble cité envers l'homme de cœur qui lui a légué la plus grande part de ses richesses artistiques. Je voudrais aussi payer un tribut d'admiration à l'immortel artiste, dont l'Italie est fière de posséder les chefs-d'œuvre, et dont la gloire rejaillit sur la ville qui fut son berceau.
Puissé-je ne pas être l'esté trop au-dessous d'une tâche à laquelle, Je le seiis^ je ne suis qu'imparfaitement préparé.
Abel Desjardins.