‹ La vie et l'œuvre de Jean BologneChapitre 17 sur 103 · VUB DE LA VILLA DEL RIPOSO PRÈS DE FLORENCE · texte numérisé non relu

VUB DE LA VILLA DEL RIPOSO PRÈS DE FLORENCE

Liberté, dans la cathédrale de Lucques, les trois statues en marbre du Christ ressuscité, de saint Pierre et de saint Paulin.

Cependant, pour satisfaire une fantaisie du grand-duc, Jean Bologne travaillait, dans ce temps-là, à une œuvre au moins étrange. François, qui avait fait un si magnifique accueil à la princesse Jeanne d'Autriche, son épouse, ne

1. Baldinucci, t. VIII, p. 130. La famille Grimaldi lui avait demandé pour Gênes un crucifix, si.x vertus tliéologales et cardinales, deux petits anges et six bas-reliefs, le tout en bronze.

2. Arcli. »!cd, .Minute del G,-D. Francesco p, filze 114, 116 : deux lettres du grand-duc à la seigneurie de Gênes, 26 mai et 10 juin 1579.

VIE DE JEAN BOLOGNE

s'était pas piqué de lui rester longtemps fidèle. Oa conaaU sa passion pour la fameuse Vénitienne Bianca Capello, qu'il devait épouser, lorsque, en 1578, la mort de Jeanne l'eut rendu libre. 11 n'avait pas attendu jusque-là pour combler la belle Vénitiennè de ses faveurs et de ses dons ; pour elle, il avait fait cons-. truirc la villa de Pratolino. Or, dans le parc de cette villa, il eut l'idée de faire élever un monument vraiment extraordinaire. Naturellement, ce fut son sculpteur qu'il chargea de l'exécution. « Peu d'hommes, dit Cicognara, parmi ceux qui se sont consacrés à l'art du statuaire, ont eu plus de bonheur que Jean Bologne pour la quantité et la variété des travaux qui lui furent commandés. 11 suffira de dire qu'on lui donna jusqu'à l'occasion de sculpter une montagne, lorsque le grand-duc François lui fit faire à Pratolino le colosse qui représente le Jupiter pluvieiix\ » Cette statue colossale du Jupiter pluvieux ou de V Apennin est assise et n'a guère moins de vingt-cinq mètres de hauteur.

Une lettre de Niccolo Gaddi au chevalier Serguidi, à la date du i) novembre '577, nous permet de constater que notre artiste, à cette époque, s'occupait du colosse de Pratolino, qui ne fut achevé que vers 1 581

Dans l'été de 1^79) Jean Bologne était à Rome, où il faisait, au nom du grand-duc, l'acquisition de quelques statues antiques'.

Semblable à l'Antéc de la fable, qui sentait renaître ses forces chaque fois qu'il touchait la terre, notre artiste sentait grandir son talent chaque fois qu'il revoyait Rome, cette terre où l'art avait accumulé tant de prodiges. En 1J72, il revoit Rome, et il fait le Mercure; en 1579, il la. revoit encore, et, à son retour, il fera le groupe de la Sabine. II touche à son apogée. On nous permettra d'entrer ici dans quelques détails.

Jean Bologne atteignait l'âge de quarante-six ans. Depuis vingt ans, il était considéré comme un maître ; son art n'avait plus de secrets pour lui ; le moment était venu d'en donner la preuve éclatante, en se jouant de toutes les difficultés, et en l'eproduisant avec le marbre et dans un même groupe des figures nues représentant la Vieillesse et ses formes anguleuses, la Jeunesse et sa force, l'Adolescence et sa grâce.

Comme il méditait sur la façon dont il réaliserait l'idéal qu'il avait conçu, il fit un jour une heureuse rencontre. 11 y avait à Florence un jeune homme remarquable par sa belle stature. 11 s'appelait Bartolommeo di Lionardo, et

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