‹ La vie et l'œuvre de Jean BologneChapitre 18 sur 103 · Arch. mai. Carteggio di Francesco 1°, filza Ê · texte numérisé non relu

Arch. mai. Carteggio di Francesco 1°, filza Ê

appartenait à la noble famille des Ginori. Le peuple le désignait sous le nom du bel Italien. Un jour que notre sculpteur, tout absorbé par son idée, était entré dans l'église de San-Giovannino, il aperçut Ginori qui priait ; frappé de la taille majestueuse du gentilhomme et de ses belles proportions, il s'arrêta et se mit à le contempler. Celui-ci, remarquant l'examen attentif dont il était l'objet de la part d'un inconnu, vint à lui et lui demanda avec douceur ce qu'il voulait. « Je ne veux, répondit simplement Jean Bologne, que contempler les admirables proportions de votre personne »; puis, s'enhardissant, il ajouta : « Je suis Jean Bologne de Douai, sculpteur du grand-duc. Je dois exécuter un groupe de personnages plus grands que nature, représentant un enlèvement ; s'il m'était permis de faire sur votre personne quelques études, ce serait une bonne fortune pour moi, et plus encore pour mon art. » Ginori aimait les artistes; bien qu'il n'eût jamais vu notre sculpteur, il n'ignorait ni sa réputation ni son rare mérite ; il consentit de bonne gr.îce à poser devant lui, et il put se reconnaître dans le jeune Romain qui tient dans ses bras la Sabine. Lors de la rencontre à l'église, Ginori était en prière; il put prier désormais au pied d'un magnifique crucifix en bronze que lui offrit l'artiste reconnaissant '.

Ce ne fut qu'en 158) que Jean Bologne mit la dernière main au célèbre groupe auquel il avait travaillé pendant deux ans. Le grand-duc vint voir ce chef-d'œuvre, et il fut ravi. Il donna aussitôt des ordres pour qu'il fût érigé sur la place même du Palais-'Vieux, sous une des trois grandes arcades de la Loggia de' Lan-^i, près de la Judith de Donatello et du Persce de Benvenuto CeUini.

Avant de faire sortir le groupe de l'atelier pour l'exposer à l'admiration du public, une seule chose restait à faire, c'était de lui donner son nom ; c'est à quoi notre sculpteur n'avait pas songé. Quelqu'un avait proposé, en continuant l'histoire de Persée, de l'appeler l'Enlèvement d'Andromède par son oncle Phinée, qui la ravit à son père Céphée. Borghini, qui survint, ne fut pas de cet avis. « Le rapt des Sabines, s'écria-t-il, voilà le nom qu'il faut adopter. » « Pourquoi pas le rapt d'Andromède ? demanda Michellozzo. » "Vecchietti intervint : « Pourquoi ? dit-il ; parce qu'il en résulterait plus d'une eri'eur. D'abord, jamais Andromède ne fut enlevée ni par Phinée ni par personne. Pendant les noces, il est vrai, Phinée entra dans la salle du banquet suivi de

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