Gossi. Le Gallerie e i Musei di Firenze. 1875, p
2. Gusiiive III jugé comme volet comme homme, par le baron de Beskow. 1S68, t. I", p. 299-301,
<i En examinant ce groupe, où l'on chercherait en vain la simplicité
CNLHVEMENT DE LA SABIKE.
Loggia de' Lanzi (Florencei.
grecque, on y trouve de grandes beautés de dessin et une merveilleuse souplesse
FLORENCE
n'ait tenté de surpasser tout ce que ses rivaux .ivalent sculpté à Florence, et
Ton ne doit pas moins remLirqucr que le sujet n été traité par lui avec un immense talent et une science profonde. Mais la troisième figure, placée entre les jambes du ravisseur, ne complique-t-elle pas outre mesure l'action principale, qui semblait exiger un certain élan et des mouvements expressifs ? La hardiesse du sculpteur n'en mérite pas moins des éloges; il n'y a, parmi les monuments antiques, aucun exemple de statues ainsi enlacées et groupées, et il a réussi à produire sa composition sous un aspect agréable, de quelque côté qu'on le contemple. En somme, l'artiste est digne de louanges pour ne pas s'être laissé effrayer par les immenses difficultés que présentait son œuvre '.
Contre l'opinion de Cicognara, nous constaterons que, de quelque côté que Ton se place, il est fort malaisé de saisir d'un coup d'œil l'ensemble du groupe : une de ses parties importantes se dérobe toujours aux regards. N'estce pas là un premier défaut ?
Avec l'cminent critique, nous aurons quelque peine à approuver la pose du vieillard. Sous un certain point de vue, la main gauche relevée au-dessus du front est loin de produire un heureux effet. 11 est juste d'ajouter que La figure du vieux Sabin, prise ;i part, est exécutée avec un art magistral.
Le jeune Romain a donné lieu à quelques observations de détail de la part de connaisseurs rigoureux.
Quant à la jeune fille, elle suffirait seule à justifier les ovations que les Florentins prodiguèrent à l'artiste. C'est une des plus belles figures que l'art moderne ait inventées et produites.
Pour mieux faire reconnaître le sujet de son groupe, Jean Bologne orna le piédestal d'un bas-rehef en bronze représentant un épisode de l'enlèvement des Sabines.
Ce bas-rehef, haut de 7^ centimètres sur une largeur de 90, est digne, de tous points, de la réputation de son auteur; c'est un morceau achevé.
Le grand-duc François réservait à ce nouveau chef-d'œuvre une place d'honneur. La Judith de Donatello, qui, depuis 1504, occupait l'arcade du fond de la Loggia de l'Orcagna, fut transportée, le jo juillet 1582, sous l'arcade latérale du côté des Uffi\i, et, le 14 janvier suivant, le groupe de Jean Bologne, mis à la place qu'il n'a cessé d'occuper, fut découvert atix applaudissements du peuple florentin.
L'Académie des beaux-arts de Florence possède le groupe de la Sabine^