Baldinucci, t. VIII, p
5. Jean Bologue était chargé par les grands-ducs de présider à la restauration des statues antiques. Ce fait est confirmé par une note autographe de notre sculpteur, dont nous devons la communication à l'obligeance du savant M, Muntz, ei qui contient l'estimation de quelques travaux de réparation de ce genre.
JEAN 'POLOGNE
FLORENCE
S IV. — LA FIORENZA OU LA VERTU ENCHAINANT LE VICE Vers 1570. (Marbre. Hauteur, 2 mètres 85 centimètres.)
Nous avons dans le récit de la vie de Jean Bologne, parlé de ce groupe, tiré du premier bloc de marbre extrait des carrières de l'Altissimo il Seravezza. François de Médicis se proposait de le placer dans la grande salle du Palais Vieux, pour servir de pendant au groupe de la Victoire de Michel-Ange. 11 est resté en effet dans cette grande salle jusqu'à ces dernières années ; il fut alors transporté dans le palais du podestat ou Bargello.
11 semble que la première pensée de l'artiste était de représenter Florence soumciiant Pi.sc, ou toute autre cité ennemie, à sa domination.
Le premier nom donné à ce groupe fut celui de la Fiorcn7^a; puis, l'allégorie prenant un sens plus général et plus vague, le nom qui prévalut fut celui de la Vertu enchaînant le Vice.
C'est incontestablement l'œuvre de Jean Bologne. Les témoignages de Vasari', de Baldinucci" et de Borghini' ne laissent aucun doute à cet égard. On a peine à s'expliquer comment Cicognara, qui décrit le groupe avec beaucoup de soin, a pu l'attribuer à Micbel-Ange''. Restituons-le à son véritable auteur.
La Vertu a terrassé le Vice. Ce n'est plus le moment de la lutte, c'est celui du triomphe.
La Vertu est représentée 'par une femme dans tout l'éclat de la jeunesse et de la beauté. Elle respire la force, le calme et la majesté. Une de ses jambes est couverte d'une draperie. Le reste de la figure est nu. La tête est couronnée de lauriers qui forment diadème. Le visage, les épaules, la poitrine sont d'une exécution magnifique.
La tète du Vice est remarquable. L'anatomie du corps replié sur lui-iuême est irréprochable.
La Vertu pose un pied sur son captif, sous lequel se dérobe un renard, symbole de la ruse et de la perversité.
Ce groupe, trop peu connu, n'est pas inférieur aux trois autres